Concours d’écriture « Si j’étais Dieu… »

Si j'étais DieuSi j’étais Dieu…
Je referais tout avec jubilation : les hommes, l’amour, la  Terre, l’Univers, toute la création, tout, sauf…

Sauf… ?
Et vous ? Que mettriez-vous après ce « sauf… » ?

Ainsi commençait l’essai de Barjavel publié en 1976.

Jacques Jolivet lui avait commandé cet exercice pour la collection « Si j’étais… » qu’il dirigeait. 200 pages pour étudier la question et produire un texte sérieux et décalé comme savait le faire René Barjavel, ce grand romancier français d’anticipation mort en 1985.

Exercice ô combien jubilatoire ! Refaire les hommes, l’amour, la Terre, l’Univers, toute la création… sauf ? Referions nous la même chose ? Serions-nous meilleurs que l’original ? Et tout simplement… existerions-nous ?

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Pendant le printemps 2010, la proposition a été faite sur la section clermontoise de Dailyfriends et sur Facebook de se prêter au jeu et de rédiger un petit texte à partir de ces quelques mots « Si j’étais Dieu… »

Quinze textes m’ont été envoyés. Sérieux, drôle, irrévérencieux, philosophiques, ou encore poétiques, ils ont tous été écris avec plaisir. A vous maintenant de les découvrir, de les aimer ou de les détester : ils sont consultables ci-dessous, classé par ordre alphabétique des auteurs.

A l’issue de votre lecture, n’oubliez pas de vot… ah ben non, les votes sont clos.

si_j_etais_dieu_02-garr-fr_ Quid du pastafarisme ??

 

TEXTE 1
Si j’étais Dieu…
par Anonyme.

-« Réveille toi, oh ! réveille toi,… si le Bon Dieu te voyais!!…ivre mort, réveille toi bon sang »-« Ah…!Mais .…et Si j’étais Dieu moi?Je vois que j’ai affaire à un bleu!Ne sais-tu pas, mon vieux à qui tu parles?Écoute bien……………..…… je ferme les yeux… et je suis Dieu……sur une branche de chêne, je suis.

…et rien n’arrête mes visions.

Je suis Dieu et toi aussi , …ignorant …! , tu es Dieu !

Je ferme les yeux et c’est le calme plat, plus de tourmentes.

Je ferme les yeux et je suis Dieu.

Les gnomes me parlent en se dodelinants dans leurs forêt magique, ils me parlent de vierges blanches et noires, des soleils rouges et bleus.

Pour ce monde parallèle rien a changé…pour ceux qui les ont vu, pour ceux qui y croit. »

– « Oh Dieu, mais ce n’est pas ça notre monde! Réveilles toi »

-« Eh si mon gars! Moi je le vois ce monde et si l’homme ne le vois pas c’est qu’il ne veut pas y croire.

Alors voilà, moi Dieu, je ferme les yeux , et j’écoute Marie parler aux imbéciles heureux.

Je bénis ceux qui voient des vierges , pour les protéger de ceux qui n’y croit pas.…puisque après tout je suis Dieu.

Ce monde de rêves où l’on voit deux soleils – où l’on ne reconnaît plus son pays – où les transes ramènent l’esprit des morts qui veulent se faire pardonner… »

– « Mais arrête arrête, ce n’est pas ça notre monde, ce n’est pas ça ouvre les yeux. »

– « Malheureux, je sais bien ce qu’est notre monde et ce qu’il a été.

Mais ce qu’il sera , seul l’homme le sait.

Dieu n’existe que pour ceux qui veulent y croire.

L’homme a passé son temps à rêver imaginer inventer parce que tout cela étaient déjà en lui, … et entre autres choses Dieu.

Mais Dieu a été représenté par l’homme a chaque fois différent selon ses propres aspirations ou besoins du moment.

Ferme les yeux te dis-je…

… Au premiers temps, je fus le soleil qui réchauffait , qui éclairait et permettait de chasser le gibier…

… Et quand la lune me faisait de l’ombrage, l’homme me priait, me vénérait pour que je revienne calmer ses terreurs nocturnes, car la nuit c’était lui le gibier sans défense.

… seul moi le soleil j’étais son Dieu.

De tous temps l’imaginaire des hommes est aussi grand que son égoïsme. et son machiavélisme.

C’est pourquoi, il s’en sert pour prier à des fins personnelles et en interprétant ce que je serais censé vouloir pour eux.

Mais en réalité l’homme est bien plus puissant que ce qu’il croit

Toute sa vie est basée sur ce qu’il veut

Et toute son imagination se réalisera comme beaucoup de ses rêves se sont déjà réalisés.

Et je n’y puis rien moi Dieu.

Mais tout ses rêves vont de pairs avec ses pires cauchemars.

Un jour, la terre sera abandonnée par quelques uns, laissant les autres hommes dans la pire misère et l’enfer.

Crois tu que vivants sur une autre planète, ils se trouveront un Dieu pour se faire pardonner pour tout oublier et recommencer la vie?

Alors voilà moi Dieu d’un jour, je déclare être Dieu , et je t’invite à manger une poêlée de ver de terre grillés agrémentés de sauterelles dont j’ai pris soin d’enlever les ailes. »

– « Ah ben voilà je préfère ça, je te retrouve! …Et bien c’est d’accord , ….j’amène le crottin de crève et une décoction d‘araignées à 15 °»

!!!! « Crénon de diou » !!!!

 

TEXTE 2
Si j’étais Dieu…
par Armanda Etienne

Si J’étais Dieu, j’inventerais un monde
Où les hommes n’auraient plus besoin de rêver.Si j’étais Dieu, je repeindrais le monde
Tout de bleu et de doré.
Les peuples uniformes, n’en porteraient aucun,
Mélange des sangs, pour n’en faire plus qu’un.
Le racisme ainsi je tuerais,
Pour établir enfin la paix.
Si j’étais Dieu, un seul peuple finalement je ferais.La terre serait féconde,
Débarrassée des bombes.
La terre serait ovale plutôt que d’être ronde.
Abondance d’amour et de bonté donnerais,
Gommerais en chacun jalousie et vanité.Sauf que je garderais le reflet dans tes yeux,
Le jour où tu m’as croisé, tant ils étaient bleus.
Sauf que je garderais le vent dans tes cheveux
Qui m’a fait oublié la douleur d’être deux.
Sauf que je conserverais le souvenir de toi,
Toi tout contre moi,
Moi tout contre toi.
Sauf que je garderais
Le parfum de ta peau
Qui m’a tant enivré
Et fait monté si haut.Mais tu n’es pas Dieu, et pourtant l’espace d’une seconde
Tu as su effacer toutes mes hécatombes.
Tu n’es pas Dieu c’est sûr, ça je l’ai bien compris
Lorsque tu m’as blessé
Et que tu es parti.Un homme simplement tu étais
Et fragile je le sais.
Un homme tu étais
Dieu seul le sait…D’un cœur Dieu nous a doté,
L’avons-nous oublié ?
L’avons-nous bradé
Pour des objets posséder ?
Dieu nous a permis ainsi de choisir entre le bien et le mauvais,
Libre arbitre qui nous a si souvent égaré.Au nom de notre liberté,
Nous bafouons celle des autres.
Notre confort recherchons
Et oublions cet AUTRE.
Qui souvent nous sollicite de son regard
Mains tendues remplies d’espoir
Nous passons notre chemin
Rentrer vite, il est tard,
Nous passons notre chemin Pour surtout ne rien voir.Il suffirait pourtant de tant et de si peu
Pour éteindre les feux, pas besoin d’être Dieu
Hier les armes avons saisies,
Aujourd’hui nous en payons le prix.Mais je ne suis pas Dieu,
Simplement moi
Petite, insignifiant juste en manque de toi.
Mais je ne suis pas Dieu,
Mais femme sans toi
Et ma vie décevante reste sans toi,
Reste sans FOI..Armanda Etienne

TEXTE 3
Si j’étais Dieu…
par Céline (aka Charlie)

Si j’étais Dieu, j’engagerais un avocat, et je porterais plainte pour faux et usage de faux à chaque fois que quelqu’un utilise mon nom pour faire des choses aux autres sans m’en avoir demandé la permission. Avec un peu de chance, je gagnerais tous mes procès, et je me ferais des couilles en or grâce aux dommages et intérêts. Enfin, en partant du principe que Dieu soit un homme.
Parce que si j’étais Dieu je préfèrerais forcément être une femme !

Grâce au 11 septembre, je me serais payé une superbe villa dans les collines d’Hollywood.
Chaque attaque contre une clinique où l’on pratique des avortements aurait meublé une des 40 pièces de ma villa.
A chaque fois qu’une femme se fait lapider quelque part, j’y gagnerais une piscine ou une voiture.
Ma salle de cinéma privée serait financée exclusivement par les procès contre les scientologues.
Je passerais beaucoup de temps à voyager en jet privé et en hôtels de luxe, aux frais des massacreurs de tous poil, qui zigouillent les ethnies qui leur déplaisent.

Si j’étais Dieu, mes soirées seraient célèbres dans le monde entier pour leur open bar jamais vide (forcément, mon fils multiplierait à l’infini les bouteilles de rhum et les shooters de téquila).
Les femmes y seraient toujours naturelles et avec de charmants petits défauts et les hommes jamais salauds, parce que seuls les gens bien y seraient admis. Toutes traces de bistouri ou d’anorexie y seraient formellement interdites.
Tout ce luxe finirait par me monter à la tête, et j’en voudrais toujours plus.

Si j’étais Dieu, j’instaurerais une taxe sur les mauvaises actions. Toute forme de violence verbale, mentale, physique ou sexuelle contre un enfant entraînerait aussitôt l’assèchement complet du compte en banque des fautifs. Toute forme de violence verbale, mentale, physique ou sexuelle contre une femme entraînerait aussitôt la même chose.
Ensuite, je ferais une graduation stricte de ce qui est mauvais, occasionnant des ponctions plus ou moins importantes en fonction de l’offense.

Si j’étais Dieu, je rirais au nez de Bill Gates parce que je serais forcément beaucoup plus riche que lui. J’aurais bien compris que la nature humaine est une source inépuisable de revenus.
Je ferais en sorte que les hommes se perdent dans les méandres de leur propre conscience, pour qu’ils se mettent à tuer, frapper, violer au hasard, en toute gratuité.
Et je deviendrais de plus en plus riche, de plus en plus cupide.

Si j’étais Dieu, la somme des mauvaises pensées et des mauvaises intentions humaines me rendraient énorme, me feraient gonfler d’aise à l’idée qu’à chaque fois je prélèverais ma dîme.
Les mensonges des politiciens me feraient me rengorger, puisqu’à chaque fois je pourrais ajouter un objet quelconque à mes achats compulsifs.
Je pourrais satisfaire ma soif inextinguible de shopping, subventionnée par les mille et une lâchetés quotidiennes : les sourires creux, les déclarations malhonnêtes, le regard qui fait semblant de ne pas voir la détresse de l’autre, le pas qui contourne le SDF, les manœuvres pour évincer le collègue…

Si j’étais Dieu, un jour, je m’apercevrais qu’au lieu d’être repu de contentement, je serais tout simplement écoeuré. Et la nausée monterait en moi, monterait, monterait…
Et je finirais par vomir toute cette bile accumulée au fil du temps, en gros jets puissants que l’Homme ne pourrait éviter, et qui finiraient par inonder la terre entière, un tsunami acide qui rongerait vos corps sordides.
Un simulacre de jugement dernier qui me ferait bien rire, et que vous auriez bien mérité. Mais cette fois, nulle arche, nulle liste de bienheureux qui seraient sauvés.

Si j’étais Dieu, je m’éloignerais de ce charnier, et je retournerais vaquer à mes occupations, vous ayant déjà oubliés.

Céline

TEXTE 4
Si j’étais Dieu…
par Christine Cozzolino (aka LouDivine)

DE TOI A MOISi un jour j’étais Dieu, je serais moins prétentieux,
Et j’essaierais aussi de faire moins de conneries.T’as un sacré culot, de te dire le Très Haut,
De vouloir que partout, de toi les gens soient fous.Si un jour j’étais Dieu, y’aurait plus de malheureux,
Et notre seul crédo, serait un monde plus beau.Magnanime je serais. Le pardon, tu connais ?
A Babel, ce qu’on voulait, c’était te rabattre ton caquet.Si un jour j’étais Dieu, j’aurais pas froid aux yeux :
Le monde je referais, le ciel je repeindrais.T’es bien un peu mytho et pas mal mégalo,
On n’est pas des gogos pour croire que t’as marché sur l’eau.Si un jour j’étais Dieu, les hommes se comprendraient mieux ;
C’en serait bien fini de cette cacophonie.Une langue universelle rendrait la vie plus belle,
Plus besoin de faire du thème pour savoir dire je t’aime.

Si un jour j’étais Dieu, je descendrais des cieux,
Et parcourrais la terre à dos de dromadaire.

Hétéro ou homo, l’amour serait toujours beau,
Et plutôt que d’en rêver, on pourrait tout oser.

Si un jour j’étais Dieu, j’éradiquerais les vieux ;
Mourir en bonne santé, c’est mieux que tout déglingué.

Vouloir l’éternité, c’était exagéré,
Mon vieux, à quatre mille ans, t’as plus que fait ton temps.

De toi à moi, ta place, je te le dis en face,
J’en veux pas, désolée, pas la peine d’insister.

Et pout tout t’avouer, celui en qui je crois,
Sans vouloir t’offenser, eh ben non, c’est pas toi.

Mon Dieu est bien moins vieux, même s’il a peu de cheveux.
Lui aussi est très grand, mais ses yeux sont tout bleus.

T’es pas fâché, j’espère ? M’envoie pas en enfer :
C’est la faute à Guito, si j’ai dit des gros mots.

Christine Cozzolino

 

TEXTE 5
Si j’étais Dieu…
par Chrystelle Missonnier

Sauf que j’aurais disparu car je n’existerai plus; les Hommes auraient appris à réfléchir par eux-mêmes….. à comprendre que la Puissance et la Création est en eux, OU PAS? C’est à chacun de décider!

Chrystelle Missonnier

TEXTE 6
Si j’étais Dieu… par Delphine Borderie (aka LouGuiral, anciennement Lou2267)

Si j’étais Dieu
Je ferais taire tous ceux qui parlent en mon nom
Je leur dirais qu’ils se trompent
Que la vérité est ailleurs
Que je suis peut-être un imposteur sorti tout droit de l’imagination d’un illuminé
Que celui qui vous parle n’est pas moi mais un autre
Mais alors quel autre ?

Si j’étais Dieu
Je vous interdirais de croire en moi
Ou alors je serais le même Dieu pour tous
Celui qui est Amour, le véritable Amour.

Si j’étais Dieu
Je serais Femme
Je parlerais un autre langage
Je dirais à mes sœurs de protéger leur liberté sans verser dans la revendication agressive
Je dirais à mes frères de construire une autre virilité : ni dans l’imitation des femmes ni dans leur domination.

Si j’étais Dieu
Je leur dirais d’apprendre une troisième voie
La seule issue possible.

——-

Si j’étais Dieu
Je n’aurais donc plus besoin d’exister pour ces hommes et ces femmes
Car ils auraient enfin trouvé la vérité.

Si j’étais Dieu
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes
L’orgueil et la jalousie en seraient bannis.

Si j’étais Dieu
L’on s’ennuierait alors tellement
Qu’il faudrait recommencer à guerroyer
Le jardin d’Eden serait à jamais perdu
Et je me perdrais moi-même à savoir qui je suis.

Si j’étais Dieu
L’illusion serait si parfaite que tous les hommes croiraient que je suis un homme
Mais un homme digne de ce nom.

Si j’étais Dieu
Les femmes seraient évidemment toutes à mes pieds
Mais je ne verrais pas ces créatures si imparfaites puisque Dieu n’est qu’Homme.

——

Si j’étais Dieu
Je vous dirais de ne croire qu’en vous
De lâcher prise
De ne travailler que pour la survie de toutes les vies.

Si j’étais Dieu
Tout aurait un sens
Toute vie aurait un sens
Mon existence même aurait un sens.

Si j’étais Dieu
Je ferais en sorte que tout être humain n’oublie jamais son Histoire.

Mais je ne suis pas Dieu
Encore moins sa création ou sa créature.

Dieu, c’est Moi, c’est Toi, c’est Lui, c’est Elle
C’est la Terre où nous vivons
Qui souffre
Et qui appelle
« Mon Dieu ! » …

Delphine Borderie

TEXTE 7
Si j’étais Dieu…
par Florence Roux (aka Hildegarde)

Si j’étais Dieu, je m’allongerais sur un divan pour une consultation avec Freud, Lakan, Bourdieu et Debray réunis…je me demanderais où est la faille ? Ou est l’erreur ? Peut-être d’avoir fait confiance à l’homme, cet animal ignorant de ses propres facultés, un animal indomptable et indompté, une charogne qui se nourrit de son frère…Si j’étais Dieu, je suivrais une thérapie analytique pour chercher à comprendre pourquoi ma lumière n’a jamais pu atteindre le monde ? Je serais bien ennuyé, ne sachant pas à quel saint me vouer !! ne sachant plus où se trouve la frontière entre le réelle et l’absolu…Si j’étais Dieu, je serais déprimé et sous anxiolytiques !

A moins que dans un élan de folie et m’apercevant que mon fils est mort pour rien puisque l’homme n’est pas capable d’écouter quand on lui parle, même dans le creux de l’oreille….dans cette élan de folie donc…j’offrirais au monde cette fois-ci une fille !! Elle deviendrait lesbienne pour expliquer que le principal c’est d’aimer !! qu’importe le sexe, qu’importe l’Autre, le principal réside dans l’Amour, c’est pas faute de l’avoir dit pourtant !! une sorte de « Lisbeth Salander » des temps nouveaux, elle botterait le cul des prêtres pédophiles, des extrémistes de tout bord, des fanatismes aveugles et imbéciles, qui font de la maison de son père un temple de la luxure et de la corruption. Elle encouragerait la dévotion dans l’action, faire plutôt que se taire, voir plutôt que regarder, entendre mieux qu’écouter….

Si j’étais Dieu, je serais effondré et mes larmes auraient le goût amer de l’échec alors dans un instant de colère, je raserais tout ! Je garderais les animaux, frères des hommes pourtant si mal traités, je garderais cette nature si belle que l’homme pourtant détruit à petit feu et je ferais souffler un grand vent pour chasserait toute trace de vie humaine. J’attendrais tapie dans l’ombre que ma colère se taise, qu’elle se fasse moins forte, moins lourde et je créerais de nouveau l’homme à mon image mais c’est la femme que je modèlerais en premier pour éviter les injustices dont elle a été victime à l’air précédente, pour éviter la violence et la subordination de l’un sur l’autre, ils seraient égaux et non pas rivaux…

Si j’étais Dieu, une fois ma colère passée, je reconstruirais car Dieu ne peut se satisfaire du chaos et du néant, Dieu est fait pour l’homme comme l’homme est fait pour Dieu. Les hommes auraient tous la même couleur pour ne pas s’entretuer et se jalouser, ni même se faire peur..je construirais des églises, des chapelles, des mosquées, des temples de toute nature dans tous les endroits du monde et je laisserais, comme je l’ai toujours fait, à l’homme, la liberté de m’aimer comme il l’entend, où il veut, comme il veut et s’il le veut, qu’importe puisque c’est moi qui l’est crée !! en revanche j’abattrais mon courroux sur les groupes sectaires et organisés car je suis un Dieu jaloux et exclusif et qu’il n’y a pas d’autre Dieu que moi, malheureux est l’homme qui se prétend être Dieu car en vérité, il n’est rien ! Il n’est rien sans moi mais il est beaucoup pour moi !!

Nonobstant l’attitude des hommes, je me réjouirais parfois de leur fraternité, de leur solidarité, de cette unité que parfois le malheur provoque, inondations, incendie, tremblement de terre…je ne serais pas totalement mécontent de constater que parfois la lumière est au bout du tunnel, mon tunnel, ce tunnel où il m’arrive de voir la lumière des hommes là où parfois pourtant on dit m’apercevoir…..

Dieu n’a t-il pas mis le soleil où il se trouve pour chauffer la terre de ses rayons ? N’est-il pas celui qui commande aux étoiles ? Aux galaxies et à tout l’univers ? Dieu peut tout si seulement l’homme pouvait croire ne serait-ce qu’un peu en lui plutôt que de croire un peu trop en lui-même !! Quelle prétention anime les hommes qui se pensent immortels et qui au regard de cet univers si vaste, ne sont tellement rien !! un tout petit rien…

Les hommes ont la fâcheuse tendance à confondre FOI et RELIGION….la Foi c’est moi, la Religion c’est eux !! je ne leur ai jamais dit COMMENT m’aimer, juste qu’il FAUT m’aimer parce que je suis le seul à pouvoir le leur rendre !! ils ne l’ont jamais compris et s’entêtent dans des dogmes qui ne font que les éloigner les uns des autres….La Loi universelle et incommensurable de l’amour n’a pas besoin de règles pour exister, il suffit qu’elle soit ! C’est leur incompétence, leur manque de discernement et leur impossibilité à réfléchir qui les a mener où ils sont aujourd’hui !!

Mais je suis Dieu, un Dieu qui pardonne et qui aime car je sais que l’homme blessé est blessant et que s’il est responsable parfois de son propre malheur, il a aussi la capacité de faire tellement pour son frère !! Je sais qu’il existe de belles âmes, de ces êtres si brillants, si humbles, si petits qu’on les aperçois à peine et pourtant c’est sur eux que je me repose le plus ! C’est eux qui sont mon espérance ! C’est parce qu’il existe une poignée d’hommes et de femmes de bonne volonté que je ne détruirai pas ce monde fusse t-il le plus démoniaque qui soit ! Non, mon amour est plus grand que ma vérité et c’est avec un regard plein de tendresse que je continuerais de regarder ce monde, mon monde, tourner !

Si j’étais Dieu, je tenterais, plein de cette espérance sans faille, de ci, de là, de faire comprendre à ceux qui veulent bien encore croire en moi qu’il existe encore une chance d’être sauvé ! Que cette chance s’appelle l’Amour et qu’elle est incontournable, immuable et qu’on ne peut pas faire sans, au risque de se voir déchu du titre d’Homme !

Florence Roux

 

TEXTE 8
Si j’étais Dieu…
par Garr

Dieu… Je suis Dieu… Je n’étais rien, ou pas grand chose, je m’appelais Guillaume, j’avais 30 ans, j’étais une unité parmi des milliards de semblables, un être humain qui avait déjà consommé un tiers de son existence sans encore vraiment entrer dans la Vie, et je suis maintenant tout : omniscient, omnipotent, créateur du monde et de toute chose… Dieu.
A première vue, c’est une position enviable… La classe !

Mais réflexion faite, comme je dois parler de moi… sais-je déjà qui je suis ? Je suis dieu, soit. Mais j’ai deux formes, il y a d’un côté le dieu que j’aimerai être, un dieu avec un petit « d », et de l’autre le Dieu tel que les religions me font vivre en bas, le Dieu avec un grand « D ». Et ce n’est vraiment pas la même chose !

1. Si j’étais dieu…

Si j’étais dieu sans majuscule, pour ne pas dire « dieu minuscule », j’aurai le courage d’avouer enfin au monde entier ce que je suis, car je suis fatigué de voir cette multitude d’individus qui se sentent investis de la responsabilité de parler en mon nom et de me définir. Je prendrais ma plus belle présence et je parlerai au cœur des gens, je leur dirai ce que je suis. Non pas QUI je suis, mais bien ce QUE je suis, car je ne suis personne : Je suis TOUT.
Je suis chaque homme, je suis chaque femme, je suis chaque ours des Carpates et chaque puce se baladant entre ses poils, je suis chaque brin d’herbe flottant dans le vent, je suis chaque masse d’air déplacée dans l’atmosphère, je suis le moindre minuscule grain de poussière et je suis les plus grandes falaises de Hawaï, je suis partout : Je suis TOUT.

Et comme je suis tout, je ne suis rien.
Car l’on ne peut définir le tout, on ne peut définir un infini qui englobe l’objet même de sa définition. Par exemple, on définit l’animal par rapport à ce qu’il n’est pas. L’animal n’est pas végétal, il n’est pas minéral, il n’est pas humain… Mais le tout ? Qu’est-ce que le tout n’est pas ? Le tout n’a pas de limite puisqu’il est aussi la limite… allez donc chercher la limite d’un univers fractal !
Les Hommes croient leur univers fini. Immense et en expansion, mais fini. Ils se trompent, mais je leur pardonne car très peu ont les moyens ne serait-ce que d’imaginer ce qu’il y a au delà de la limite de leur perception. Les scientifiques parlent d’autres univers… de champs d’énergies diffuses entre ces univers… C’est assez drôle à écouter, je dois l’avouer. Mais je suis patient, un jour les théories seront vérifiées. Et je serai là pour boire le champagne à leur santé ! Les théologiens parlent de moi au delà de l’univers. Là aussi, ma situation est cocasse : les mêmes qui me plaçaient dans le ciel il y a quelques siècles me recule et m’éloignent de la Terre au grès des avancées de la science…

Allez, foutaises que tout ceci, car de toute façon, je dirai aux premiers, les scientifiques, de continuer à chercher, et je dirai aux seconds, les théologiens, d’arrêter de me chercher. Je suis tout bon sang ! Je suis la conscience du monde visible, je suis la conscience du monde invisible, je suis chaque espoir, je suis chaque souffle de vie, je suis chaque parole, je suis chaque coucher de soleil sur la mer, je suis chaque aurore d’un jour nouveau, je suis chaque œuf qui éclot, je suis chaque feuille morte qui se décompose…
Que l’on ne me voue pas un culte, je n’ai pas besoin de cela, et cela ne sert à rien : je n’agis qu’au travers des actions de ce qui me compose, homme, animal, nature. Que l’on n’apprenne pas aux enfants à s’incliner devant moi. Mais que chacun sache s’incliner devant l’oiseau qui chante le soleil levant, que chacun sache s’incliner devant un vieillard qui raconte sa longue vie aux passants, que chacun sache s’incliner devant un nouveau puits creusé près d’un village africain, que chacun sache s’incliner devant un phare guidant les bateaux dans la tempête, que chacun sache s’incliner face à un enfant courant derrière un papillon voletant…

Les hommes ont besoin de moi ? Je suis ce qu’il font de moi, donc ce qu’ils font d’eux et du monde qui les entoure. Certains leur disent « Aide toi et le ciel t’aidera ! », c’est juste… « Aide toi, et ÇA t’aidera. » Si je peux aider à catalyser l’espoir, la volonté et l’action, je prendrai avec grand plaisir ce rôle de « ciel ». « Le ciel t’aidera », je suis le ciel, je suis tout, je suis toi, tu fais partie de ce tout, tu es moi, tu es le ciel…

… « AIDE TOI ! »

2. Si j’étais Dieu…

Allez, jouons le jeu : maintenant je prends le rôle du Dieu, l’unique, le personnifié. Je n’aime pas mon D majuscule, c’est le D du despote qui commande sans rendre de compte, c’est le D du destin qui enferme les Hommes dans une route sans libre arbitre, c’est le D de la discorde qui désuni les peuples. Mais c’est ce D majuscule qui me pose comme le Dieu unique, le seul qui soit, et … finalement … ça me plait.

Alors bon, passons ces premières réticences et observons le néant devant moi. La feuille est blanche, qui attend que je la remplisse. Exercice jubilatoire s’il en est. Ma position me rappelle le temps où j’étais humain, adolescent, devant mon ordinateur, me prenant pour Dieu en jouant à développer des civilisations, des sociétés, des villes et des individus virtuels par mes clics de souris… C’était il n’y a pas si longtemps… ou une éternité… je ne sais plus, le temps, l’espace sont des données que je n’ai pas encore spécifiées dans ce néant à remplir.
Le jeu est le même maintenant, mais avec plus de liberté : des possibilités infinies, des créations qui n’obéissent qu’à ma pensée, et non plus des résultats issus d’un ensemble des possibles clôts qui me sont imposés par les créateurs du système informatique. Je suis le Créateur et il n’y a pas de Système. Il n’y a que Ma volonté.

Bon. Commençons par créer un individu… à mon image ? Oui, mais pas seulement à mon image, à mon niveau aussi : enfin quelqu’un qui pourra m’étonner, qui pourra créer des univers auxquels je n’aurai pas pensé, que je pourrais admirer tout au long de mon éternité de vie… Mon égal, avec qui je pourrais discourir sur le sens de l’Eternité, sur l’objet du Tout que je suis, et qu’il est aussi !

Pfff… quelle idée ! S’il est comme moi, mon égal, je n’aurai plus le pouvoir dessus. Je suis Dieu Tout-Puissant, faut-il le rappeler ? Je ne souffrirai pas d’une concurrence à mes côtés. Si j’existe c’est bien pour contrôler mes créatures, garder le dessus en Père protecteur et bienveillant — en tout cas c’est ce que je leur dirais – et je veux pouvoir leur dicter leurs lois, mais qui ne sont pas les miennes : je veux m’amuser à les observer, en bon laborantin, voir jusqu’où je peux les manipuler pour les rendre fous. Oh oui, ce sera vraiment drôle ! Je leur dirai « Tu ne tueras point » par exemple, tout en les galvanisant en mon nom pour qu’ils aillent massacrer de populations entières ! Je leur dirai « Tu aimeras ton prochain » et je leur insufflerai l’idée de l’esclavage, de l’exploitation et du capitalisme !!
Allez, allez, tout ceci est bien jouissif, mais ça ne serait pas très chrétien…

Non, l’individu que je vais créer ne sera pas à mon image : lui, il sera imparfait et limité. Ce sera un humain… Pourtant je suis joueur, je vais l’équiper d’un cerveau développé, aux capacités extraordinaires, mais sans lui donner les outils pour l’utiliser totalement ! Je ferai en sorte que son corps soit composés d’infimes particules, minuscules, interagissant entre elles, pour le faire vivre… Et je créerai le concept de la reproduction aléatoire, de génération en génération l’humain évoluera, se développera. En fonction des interactions de ces particules, de meilleurs fonctions ou de nouvelles fonctions apparaitront ! C’est comme ça que je lui donnerai sa liberté : un jour il comprendra, un jour il pourra s’astreindre de ma présence, il aura compris que je suis au final rien d’autre que le fruit du hasard, comme lui. Alors nous serons égaux, et mon rôle sera terminé.

Mon rôle sera terminé… mais quel est mon rôle au final ? Qui m’a demandé de créer l’Homme ? Personne ! Je n’ai de compte à rendre à personne ! Qu’est-ce que je m’embête avec tout ça ? Etre adoré, adulé ? Remplir mon Paradis ? A quoi bon, je n’ai pas besoin de ça ! Je suis Dieu, je suis Parfait, je suis Tout. Je me suffis à Moi-même, qu’est-ce que ces misérables fourmis auraient à m’apporter, je n’ai besoin de rien !

Allez, je n’ai rien à créer, laissons le néant vierge de toute activité. Je suis Dieu et ça me suffit. Je suis Dieu… je suis Dieu … je suis Dieu … mais … mais il n’y a personne pour me le dire, pour me dire combien Je suis bon, combien Je suis puissant et miséricordieux, personne pour flatter mon égo surdimensionné, personne pour m’aduler et me prier…

Je suis pourtant Dieu ! Je suis celui Qui est Tout !!
Je suis Tout, je ne suis donc Rien… Diable… mais alors, je n’existe pas…

Garr

TEXTE 9
Si j’étais Dieu…
par Guy

Message de Moi à l’homoncule

Nom de Moi !

La Bible assure que lorsque Moi eut fabriqué l’homme et la femme, Moi-Même pleura. Et elle à raison.
Laisser une trace de ce que je pense sinon à ce monstre que j’engendrai un millénaire de cuite ? En réfléchissant seulement un quart d’ère, c’est totalement inutile, Moi est immortel ! Mais à Moi rien d’impossible. Mais à quoi pensais-je ! Évidemment, petit d’homme, je plaisante: Moi n’as pas besoin de penser et c’est ainsi que Moi est grand. Pensée est la mesure de l’homme. Et tu es seul a imaginer qu’il eut pu en être autrement. Car je transcende l’imagination et je suis tous les possibles.
J’oublie (Évidemment, je n’oublie rien puisque je suis le Tout. Mais comme unique spectateur de mes privates jokes, je ne peux me refaire, j’adoore ces yottasecondes illogiques). Je disais donc, j’oublie toujours que je m’adresse à un mortel. Alors convient de mes d’explications sinon tu vas te perdre, et puis c’est plus simple pour toi! En plus, je ne te laisse pas le choix !
Un des tiens a décrit l’évolution progressive et dialectique de la conscience vers la science. Bon Moi, il a trop forcé sur le café ! Ni bien, ni mal, tout ça m’est bien égal. La vérité n’existe pas. Je le sais, je l’ai inventée. Ma plus belle victoire, la thermodynamique le prouve : ranger le désordre provoque encore plus de foutoir.

Bien sûr, je me rappelle tout, depuis le début. Ah ah ! Le début : elle est bien bonne celle-là. L’instant où j’ai créé cette foutue planète, j’aurais surement du instiller un brin de concept d’éternité dans ton crane de primate, te permettre d’imaginer que le temps n’a jamais eu de début, ni n’aura de fin, que Moi-Même se balade dans ton futur comme tu descends tes poubelles.
Alors, rassure les boudhistes, animistes et autres paganistes, Moi-Même est polymorphe.
Mais qui sont ces quidams vêtus de blouses blanches ?

Moi n’a pas décidé de les voir en ce lieu.

Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée

Nouvelle dignité fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d’où tombe mon honneur !
Mais vous allez me lâcher, Nom de Moi de bordel de Moi.

Guy

TEXTE 10
Si j’étais Dieu…
par Jérôme (aka Lumière 63)

En fait ça ne serait que
Si dieu existait, il aurait donc créé le monde telle que nous le connaissons, étalant une infinie d’équation sur une feuille, et comme au jeu de la vie, à partir de rien l’univers se serait créé.
Dieu serait omniscient, et omnipotent.

… une question de mathématiques
Si j’étais dieu, avec mes connaissances d’aujourd’hui je commencerai par changer cette équation de la vie, à savoir que deux personnes peuvent produire plus de deux enfants. Cette équation est bien entendue faite pour que les morts imprévus soient remplacés, et que la population croisse à partir d’une faible quantité d’individu.

Si l’équation était parfaite (deux personnes donnent naissance à deux enfants), et que tout les gens se reproduisaient, dans un monde sans malheurs, donc sans mort prématurées, la population se stabiliserai.

Cela éviterait donc d’avoir envie de conquérir de nouveaux territoires, les consommations seraient toujours identiques, il n’y aurait donc nul besoin de croissance économique, l’immobilier n’aurait qu’un besoin d’être entretenu. Aucun risque n’existerai de dépasser les ressources fournies par la planète puisque le renouvellement naturel de ces dernière suivrait son cours.

Mais, du fait des possibles morts prématurées, ou des gens sans enfants, je fixerai la limite possible par femme à 3 enfants.

Et je supprimerai aussi tout les animaux carnivores, et rendraient toutes les chairs toxiques à la consommation, car je considérerai que seuls les être vivants non dotés d’une pensée sont dignes d’être mangés.

En fait si j’étais dieu aujourd’hui, je frapperai l’ensemble de la planète d’infertilité, afin d’éviter d’avoir à me redonner la peine de tout refaire. Seul un individu sur 100 serait fertile, ce qui permettrait en une génération, de revenir à un niveau raisonnable sans passer par les catastrophe naturelles ou armes nucléaires / bactériologiques classiquement utilisés pour réduire la population.

… ou de culture ?
Si j’étais dieu, j’interdirai toute démarche de type commerciale ou publicitaire. Perte de temps, et création d’un besoin qui n’existe pas chez l’homme et qui détruit la saveur de tout ce qui existe déjà à travers la vie.

J’interviendrai lorsque des dictateurs perdaient la raison du fait de leurs pouvoir, et je le ferai ouvertement, sans m’en cacher. Je combattrai les injustices, et je défendrai une société basée sur l’amour,la culture; et les arts. Je regarderai les œuvres des humains en attendant qu’ils me surprennent.

Oui, mais non…
Mais en l’absence de guerres et de problèmes, en l’absence de haine, et de jalousie, les humains n’auraient aucun talents artistiques ou culturel. Ils ne pourraient connaître l’amour sans connaître la haine…

Au final, si j’étais dieu, soit j’abandonnerai car cela n’aurait aucun sens pour moi ni intérêt, alors d’un claquement de doigt je ferai disparaître l’univers puis chercherait un moyen de mettre fin à mes jours,

ou alors, si j’étais vraiment sadique, je resterai assis au bord du monde à les regarder s’empêtrer dans leurs cultures tout en rigolant de leur incapacité à se gérer et à voir venir les problèmes.

Jérôme

 

TEXTE 11

Si j’étais Dieu… par Jessica (aka Ino)

Lumière tremblotante d’un écran de télévision. Sur celui-ci, l’image d’une blonde plantureuse au sourire ultra brite à qui l’on demande « que feriez vous si vous étiez Dieu ? ». petit moment de réflexion intense (on voit bien qu’il ne se passe pas grand chose derrière les yeux noisettes…) et là ! Réponse fulgurante : « si j’étais Dieu je ferais en sorte que tout le monde soit heureux, j’éliminerais les maladies, les guerres et la famine ». Nouveau sourire ultra brite, petit gloussement faisant pâlir d’envie un gallinacé et jeté de cheveux en arrière.

Quelle conne !!!! Je suis demi amusé, demi atterré par cette réponse. Foutaises !!!!! MOI éminemment égoïste, si j’étais Dieu (et je le suis) j’améliorerai en tout premier lieu mon quotidien et après peut être que pour les autres… c’est à voir.

Revenons en à la réponse de Miss Courge. Éliminer les maladies et puis quoi encore ??? et la sélection naturelle ??! On ne va quand même pas s’occuper des indigents et des malingres ad vitam eternam !!!! et la maladie, elle a l’avantage de faire un peu le ménage. Y a bien un moment où il faut qu’on libère des places, on finirait par se marcher dessus. Les premiers touchés c’est les ptits vieux, après tout, changer leurs couches à longueur de journée…..Un peu de dignité tout de même ils terminent comme ils ont commencé en couche et en bavant.
Hors de question d’éliminer les guerres, je vais m’ennuyer Moi. Vous regarder vous débattre dans vos querelles souvent puériles, généralement stériles ça m’amuse énormément. De toute façon vous seriez incapables de vous retenir ça vous démange, peut être y suis je pour quelque chose…. Et les petites guerres de voisinage ça met un peu de piment dans vos quotidiens mornes. Vous pouvez vous plaindre à qui veut bien vous écouter. Avouez le, ça maintient vos liens sociaux.
J’ai un p’tit creux Moi, vais me faire un sandwich. Tiens, en parlant de ça, son idée à l’autre, de vouloir supprimer la famine dans le monde, intention louable certes. Je vous l’accorde, voir tous ces gamins pleins de mouches c’est horrible, ça me couperait presque l’appétit. Mais franchement, si on éliminait la famine, on éliminerait le passe-temps principal de tous les bénévoles qui viennent sur place faire des distributions de denrées alimentaires. Ça les fait voyager et en plus ça donne un sens à leur vie. En plus, c’est de la pub gratuite pour les associations et les pays aidant, tout le monde s’y retrouve.

Mon poste, Je le garde qu’en feriez vous ? Il faut une dose de cynisme incroyable pour être Moi. Un égo surdimensionné aussi. Non, non, finalement c’est une tâche trop lourde pour vos petites épaules. Ma place je l’ai, je la garde.

Jessica

TEXTE 12
Si j’étais Dieu…
par Johann (aka Mentalist)

En cette année de grâce 2010, je ne peux que m’incliner profondément par respect à cette possibilité mais surtout à la pensée que cette possibilité ne puis être…Si j’étais Dieu !Même si par mes actes, mes pensées je suis en quelque sorte un créateur, un générateur, je serai encore loin de la beauté d’une toute divine création.
Que ne ferais-je pour entendre déjà « celui qui est » , vouloir en plus prétendre avoir un tel potentiel, être à la face du monde qui est déjà organisé, un monde d’Humains, une faune , une flore…mieux qu’il n’a fait serait bien prétentieux de ma part.Sachant la limite de mes possibilités, moi un fêtu de paille balloté par mes doutes, mes craintes que puis-je espérer être? Mes failles qui font partis des vecteurs d’évolution dans les pôles de la projection de l’esprit dans le schéma du bonheur nous voyons à travers cette définition un espoir s’amenuiser grandement sur l’idée de déité en pensant vouloir être le grand créateur. Oui être équilibré, sage, être omniscient demande plus que d’être un parent voulant un enfant.Car en vérité je vous le dis, il n’est par lui que bonté, Amour en son énergie et sa force, lumière de l’intelligence. L’intelligence qui engendra la vie par ses pensées remplies d’Amour en donnant tout ce qu’il a de lui-même dans le chef d’œuvre de sa création. Une force qui seule un éclairé peut comprendre une bribe du schéma de cette création.
L’Homme par lui-même n’a pas encore tout compris de cette force qui l’habite en partie pour pouvoir restituer et recréer en intégralité ce bonheur originel, il ne sera qu’à la dimension de ses capacités moins grandes.Etre capable comme lui à travers cette unité de Ying & Yang, trouver cette équilibre des forces pour le plus juste le donner aux autres dans une réalité, un univers viable.
Entre la sagesse et l’Amour, pourrais-je mieux faire que lui dans cette zone d’équilibre, éviter les épreuves dans sa notion de justice, éviter les chemins raboteux pour avancer…L’Homme comme un enfant doit apprendre de vie en vie ce qu’il a reçu, la vérité en la divinité.Cette notion d’intériorité dans les pôles du développement de soi se pense en premier lieu sur la loi du sujet et non de l’objet qui disperse l’être.Cet éloignement du regard intérieur ne doit pas nous défaire de l’Amour que l’on doit porter, une valeur, une force incommensurable qui est l’origine de Dieu, une lumière, une dimension à pressentir, à ressentir …Un Amour Universel sans limite de compassion, de plénitude, de force, de bonté, de pureté qui nourrit l’être et le reste devient vain. Cela peut paraître peu mais si Ieshoua son fils le plus éclairé a été notre guide c’est qu’il semble que l’on puisse s’égarer facilement et se perdre.Il n’est plus nécessaire de croquer la pomme par vanité, égocentrisme, l’Amour est la substance nourricière qui ne reçoit rien d’autre que paix, sérénité, sagesse une connaissance souvent sublimée, en intuition qui nous unit et forme un univers de félicité.Alors qu’une essence supérieure bien avant moi et par de la mon moi par son évolution a mis cette pierre pour accueillir un jardin pour que fleurisse la beauté du monde. On ne peut que trouver cela merveilleux, parvenir à réunir nos énergies dans une union pour rendre à notre créateur tout l’Amour.Cet Amour que l’on doit rendre grâce si l’on veut croire au de la matière, la chair…Ainsi la boucle est bouclée dans l’Alpha et l’Oméga.

Johann

 

TEXTE 13
Si j’étais Dieu… par Laetitia Rongier

Si j’étais Dieu ce serait pour moi le moment de parler.
Alors maintenant je vais m’asseoir un peu, auprès de vous. Etre conscient que vous êtes là, que je vous contemple. Toutes les langues se dénouent tout de suite, mon projet est vaste, ouvert.

C’est le moment pour moi de parler. J’aurais tant de choses à dire, mais je n’en parle point. Je vous contemple et je bois, avec mes yeux, j’absorbe dans mes soupirs le monde entier.

Un tel moment est inimaginable.

Si j’étais Dieu ce serait pour moi le moment de parler.
Une seule ligne nous entrelaçant vous et moi, au point de départ et au point d’arrivée de l’Univers, demeurant unique, indéchirable. Maintenant je suis assis au dessus de vous. Nos deux fleuves sont unis.

C’est le moment pour moi de parler : il n’y a plus à pousser les vitres pour qu’elles tombent, ni à enfoncer les clous pour qu’ils soutiennent, ni à marcher sur les pierres pour qu’elles se taisent, ni à boire les visages des hommes pour qu’ils sourient.

La grande union commence. Il n’y a plus de différence entre ma parole et ma voix.

Je suis Dieu. Je referai tout, je referai tout avec jubilation, tout sauf ma déesse : tu peux poser nue Chaste Divine.
Non pas comme une fée irréelle figée sur un filament ou Vénus la séductrice. Non.
Tu peux poser ton masque, ton miroir, ta nuque, ton minois, Savitri, Bérénice.

Tout.

Pose tout selon ton gré, détendue et nue, deviens donc une scène parfaite, solitaire, immaculée, sacrée, unique. Tu te lèveras si haut dans nos yeux, les yeux dans nos yeux, à tes pieds, peints en rouge, viendront mourir amours malheureux, chagrins, désespoirs de nos femmes au fond de ton cœur.

Pendant ce temps, je referai tout, je referai tout avec ton admiration.
Je referai toutes les mains qui ne dessinent rien car une main qui ne dessine rien se promène entre tous les chagrins.
Je ne tolèrerai pas qu’une main qui ne dessine rien efface un dessin d’une série : chaque personne occupe un nid, sur un arbre dessiné par la vie. Toutes les minuscules doivent être en majuscules sur l’arbre aux oiseaux. Et L’arbre de la mort soutient le nid de la mort mais aucun oiseau ne doit l’occuper. Chacun vole à mes côtés avec liberté et éternité.

Si j’étais Dieu !

Ni humain, mi sphinx vous seriez.

Mais – je suis – Dieu et c’est le moment pour moi de parler. Alors maintenant je vais crier un peu, auprès de vous. Donc nous commençons tous. Personne ne commence où il veut ! Je débute mon commandement. Nous commençons tous dans un coin, sans personne. Nous irons au fil des rues les plus seules, cherchez ceux qui ont perdu leur nom, pour les appeler sans les nommer, puis nous pêcherons leur joie jusqu’à pêcher notre propre perte.

Je parle en mon nom, en tant que Dieu, RETROUVEZ‐ MOI cette perle d’humanité.

Laetitia Rongier

TEXTE 14
Si j’étais Dieu…
par Citizen Kane

LE JUGEMENT DERNIER– Si j’étais Dieu, vous me demandez ce que j’aurais fait à sa place ?- Oui, c’est exactement cela. Si vous aviez été Dieu, qu’auriez-vous fait ?- Eh bien… Vous me posez une question difficile, monsieur le Président…- Certes, mais c’est une question fondamentale, qui éclairera les jurés. Le sort de Dieu dépend de votre réponse…- Honnêtement, je ne sais pas si j’aurais agit comme lui, mais enfin, j’aurais peut-être eu du mal à faire autrement. Ce qui est sûr, c’est qu’au départ, avant même que le temps soit créé, je me serais diablement ennuyé. Comme lui… Oui, moi aussi, j’aurais commencé par inventer le temps. Parce que, attendre comme ça, toute une éternité, en se tournant les pouces, fallait avoir un sacré moral pour résister à ça.- Et ensuite ?- Sur ce qu’il a fait juste après ça, il n’y a rien à redire. Le coup du Big Bang, c’était une idée lumineuse ! J’aurais bien aimé l’avoir à sa place ! Ca a dû faire un sacré feu d’artifice dans le cosmos, et il a bien dû s’amuser, Dieu, sur son nuage, ou ailleurs, je ne sais pas exactement où il était à ce moment-là. De toutes façon, où qu’il soit, il devait être aux premières loges, il n’y avait pas grand-chose pour lui boucher la vue, n’est-ce pas ? Et puis, une fois que le truc était lancé, il n’y avait plus qu’à attendre. L’espace-temps, les galaxies, tout le bazar qui en est sorti, franchement, moi je dis chapeau ! ça valait vraiment la peine. On aurait tous aimé le faire à sa place !

Après, il y a eu l’affaire du coup de pied dans la soupe primitive. Oui, celle-là, je comprends bien que pour vous, les hommes, c’est la goutte qui fait déborder le vase. On en a pas mal discuté, on se demande ce qui lui a pris, mais enfin, qui va lui jeter la première pierre ? A sa place, j’aurais craqué aussi : voir tous ces déserts partout, cet univers immense qu’il avait créé pour rien, oui, je crois que j’aurais craqué. J’aurais ajouté mon grain de sel dans cette soupe primitive, pour y créer la vie…

Bon après, je ne dis pas. Les amibes, les algues et tous ces trucs-là, je m’en serais contenté si ça se trouve ! Je me serais dit « OK, maintenant, je m’arrête là, j’arrête les frais ». Là où il a commencé à perdre les pédales, Dieu, c’est avec la reproduction sexuée. Mine de rien, il a foutu un sacré bazar avec ça, tous les problèmes viennent de là. Les escargots qui avaient les deux sexes, les mantes religieuses qui se nourrissaient de leur partenaire, passe encore, mais sincèrement, je pense que s’il avait pu prévoir la suite, il aurait laissé tomber. S’il avait su, eh bien, je ne crois pas qu’il aurait poursuivi ses expériences.

– Que voulez-vous dire ?

– Je veux dire que c’est pas sûr qu’il ait tout anticipé : la théorie de l’évolution, la lutte pour la copulation, les histoires de mâles dominateurs, toutes les organisations animales qui érigeaient leur phallus en totem, et tournaient exclusivement autour de ça… Jusqu’à cette guerre apocalyptique, et l’holocauste de tout être vivant de sexe féminin ! Pas sûr qu’il ait vraiment pensé à tout ça, Dieu…

– Mais vous n’allez pas nous faire croire qu’il ne pouvait pas prévoir les conséquences de ses actes ? Il savait tout ça, il avait tous les éléments pour le savoir. C’est bien lui qui a tout prévu, il a réglé chaque chose dans ses moindres détails, il a choisi soigneusement tous les paramètres. Il a montré qu’il était capable de garder la maîtrise de tout ce qu’il faisait. Non, vous ne nous ferez pas croire qu’il s’est laissé dépasser par les évènements ! Le tribunal a assez perdu de temps comme ça ! Il s’est passé autre chose, et vous qui le connaissez bien, vous devez nous éclairer !

– Mais, Monsieur le Président, je ne sais que vous dire…

– Ecoutez, il faut finir ce procès maintenant, c’est pour cela que nous vous demandons ce que vous auriez fait à sa place ! Vous êtes un Ange après tout, et vous seul pouvez nous éclairer ! Pourquoi Dieu a-t-il inventé la reproduction sexuée ?

– C’est que… je suis très ennuyé, Monsieur le Président. Je comprends bien que maintenant que vous l’avez mis en prison, vous les hommes, vous demandiez des comptes à votre Créateur. Mais enfin, c’est un sujet difficile pour moi…

– Pourquoi ?

– C’est que… je n’ai pas de sexe !

– Allons, allons, vous connaissez Dieu mieux que la plupart d’entre nous, vous étiez là dès le début, vous avez assisté à tout le processus de la Création, vous savez bien ce qui se passait dans sa tête. Pourquoi a-t-il fait ça ?

– Franchement, je ne crois pas que c’était de sa faute… En fait, il faut bien que je vous le dise, maintenant… Vous n’avez pas remarqué tous ces trucs qui fonctionnaient par deux dans tout son fourbi ? La matière et l’antimatière ? L’électron et le proton ? La Terre et la Lune ? Et même après l’invention des sexes, tous les machins qu’il sortait pour essayer de vous calmer, vous les hommes ? Le bien et le mal ? L’alpha et l’oméga ?

Oui, il faut que je vous le dise, il était un peu perturbé, Dieu. On a diagnostiqué des crises de schizophrénie. C’est pour ça que le Conseil des Anges l’a chassé du Paradis. On a même essayé de s’en débarrasser, on l’a fait passer pour l’un des vôtres, et on était bien persuadé que vous auriez sa peau. Mais ça n’a pas marché, malgré les clous et tout l’attirail, il a réussi à s’en sortir. Et il est reparti de plus belle dans son délire, ça a même empiré ! Il a fini par avoir des crises de plus en plus rapprochées : ça a été l’Axe contre les Alliés, puis l’Est contre l’Ouest, le Nord contre le Sud. Sincèrement quand vous l’avez attrapé, ça a été un soulagement pour nous ! On n’avait plus d’idée pour s’en débarrasser…

– Je comprends mieux maintenant. Mais tout ceci ne nous dit pas ce que nous allons en faire. Quelle peine souhaiteriez-vous qu’on lui inflige ? Vous avez des souhaits à transmettre au tribunal, au nom du conseil des Anges ?

– Ben, je ne sais pas. On a toujours été ennuyé avec son cas, mais je crois qu’il faut être indulgent. Vous savez, au fond, c’est un pauvre type, Dieu. Il n’a même pas été foutu de se créer une Déesse ! Moi, à sa place, c’est ce que j’aurais fait en premier !

Citizen Kane

 

 

TEXTE 15
Si j’étais Dieu…
par Thierry Lahondes

Si j’étais Dieu… qu’est-ce que je ferai ?
C’est, à mon goût, l’une des remarques les plus drôles d’Homer Simpson, le célèbre personnage de la série d’animation américaine Les Simpson. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, le bedonnant bonhomme jaune est perdu dans les égouts quand soudain il s’arrête à un croisement, se frotte le menton et dit en prenant un air réfléchi :- Voyons si j’étais Dieu… qu’est-ce que je ferai ?C’est bien sûr complètement décalé dans la situation parce que…
1) … le rapport entre Dieu et un chemin dans les égouts n’est pas facile à faire… quoique ?
2) … c’est comme invoquer Mappy pour retrouver sa cuisine dans sa propre maison.Voilà l’idée que beaucoup de gens ont de Dieu, un vieux bonhomme avec une barbe qui connaît les réponses à tous leurs problèmes. Posons comme définition que l’Intelligence est la capacité à résoudre des problèmes auxquels on a jamais été confronté, deux possibilités :
– Ou Dieu a déjà été confronté à tous les problèmes et dans ce cas c’est, par manque d’adversité, certainement la créature la plus idiote du monde.
– Ou Dieu n’a pas tout essayé.Si j’étais Dieu, je serai expérimentateur
Est-ce que vous n’avez jamais joué à Civilization ?
C’est un jeu dans lequel on se prend pour Dieu et vu le nombre d’heure que l’on peut y passer quand on s’y met, ce doit être intéressant d’être Dieu.
Le principe ? Partir de rien avec quelques pauvres hères des cavernes et faire la conquête du monde en réinventant la civilisation. Vaste programme ! C’est pourtant assez frustrant comme jeu car on part souvent avec de bonnes intentions : on cherche en premier à éduquer nos petits bonshommes comme on nous l’a appris, découvrant successivement l’alphabet, la littérature, la philosophie (la plume plus forte que l’épée !)… et puis ça s’arrête très vite quand une bande de barbare vous découvre et réduit quasiment à zéro votre belle civilisation (L’épée plus forte que la plume !).
Ah c’est comme ça ! Grrrrrrr ! A partir de là vous recherchez le bronze, le fer, l’acier, la conscription, les mathématiques, la catapulte (Comment ça les mathématiques ne font pas partie des armes de destruction massive ? Si c’est ça je change de boulot et, comme disait Albert, je retourne faire mon jardin !). Et là vous découvrez que c’est bon de voir votre peuple élu gagner du terrain sur d’autres misérables vers de Terre.
Bien sûr, tous les joueurs ont un moyen simple de mettre fin à tous ces terribles, mais passionnant, conflits : le Reset, une espèce de Déluge informatique. Ils éteignent leur ordinateur et peuvent enfin aller faire un tour dehors où il fait beau et où on n’a finalement pas autant de responsabilité à prendre.Si j’étais Dieu, je serai dehors
Je déteste prendre des responsabilités… peut-être parce que je prends ça trop au sérieux. J’aime n’avoir à m’occuper que de moi-même, rêvassant à un monde idéal en folâtrant tranquillement sur les chemins pavés de bonnes intentions comme dans les Champs-Élyséens. Mais voilà depuis un an, j’ai reçu un portable pour Noël. Depuis, c’est toujours au détour d’une voie lumineuse, quand j’en suis presque à me dire, aux anges, tiens c’est ça le paradis… que le téléphone sonne (heureusement qu’il n’y a pas beaucoup de réseau dans mon paradis). Il y a presque toujours sur cette Terre une personne pour avoir un problème dont je devrais connaître la solution. Et bien qu’ils apprennent à se débrouiller seul…Si j’étais Dieu, je serai pédagogue
Si une personne a faim, apprend lui à pêcher. S’il vit au milieu du désert, cela lui donnera envie d’aller voir où il y a de l’eau.
Le summum de la réussite à Civilization, c’est de pouvoir aller se faire un petit chocolat chaud en laissant tourner le jeu et de revenir pour découvrir que votre civilisation a découvert dans le même temps, toute seule, l’Agnosticisme et Internet. C’est ça être un bon prof. Apprendre aux gens à se passer de vous. Au début c’est un grand plaisir !
Mais à quoi ça leur sert ? Et surtout, moi… à quoi je sers.Si j’étais Dieu je serai Le Diable (merci Aurélien pour m’avoir souffler l’idée !)
Les plus belles attitudes humaines se révèlent dans l’adversité. Quand tout va bien, nous n’avons pas grand-chose de différent avec un beau troupeau de moutons. C’est beau des moutons mais il faut avouer que c’est soporifique. Imaginez la prochaine superproduction américaine : SHEEP… dans la prairie personne ne vous entendra bêler. Le premier quart d’heure, les moutons broutent une belle herbe, verte et grasse, que ça nous donnerait presque envie d’en manger de l’herbe (tiens chéri, on se fera une salade en rentrant !). Il chante des chansons pleines de bons sentiments (c’est une comédie musicale – ça fait plus d’entrées !) qu’on reprend en tapant joyeusement du pied. Mais le quart d’heure d’euphorie passé, on commence à trouver ça un peu… blanc sur blanc les moutons. En commerciaux avertis, les producteurs ont vu venir le coup et soudain… musique dramatique, nuage qui couvre le soleil, deux yeux affreusement méchants qui pointent dans les ténèbres du bois tout proche : le loup ! Il bondit attrape la petite brebis qu’un petit agneau s’était mis de coté et l’emporte dans la forêt. (Oui chérie, avec des bonnes grosses côtes d’agneau !) On reprend soudain pied dans le film. Pour peu, que l’agneau soit aussi unijambiste, aveugle et enrhumé, le film prend alors tout son sens quand, seul, abandonné des autres moutons, notre héros (vous remarquerez qu’il a pris du grade !) rampe (Il est unijambiste je vous le rappelle) dans les bois noirs.Si j’étais Dieu je serai scénariste
Les chances pour que notre unijambiste parviennent à retrouver sa bêêêllle et à la ravir… aux crocs du loup, sont, il faut l’admettre, quand même bien mince (Il est aveugle et enrhumé… Et puis ce n’est qu’un mouton. Les probabilités ne sont pas pour lui, reconnaissez-le.). Si on veut que le film marche, il va falloir forcer un peu le destin et construire un peu tout ça : alors allons-y pour lui faire rencontrer un cochon d’Inde suicidaire, une chouette nyctaphobe, un politicien honnête… chacun porteur d’un bout d’une belle leçon de moral qui prendra soudain tout son sens à l’apogée du climax, quand viendra le temps d’affronter le loup au fond des bois. Et là vous aurez votre petit cœur, si vous en avez un (Mais je plaisantais chérie, une salade, ce sera très bien. On pourra mettre des rognons !), qui grossira agréablement comme une baudruche dans votre poitrine et une larme qui coulera au coin de votre œil. Puis passé la scène finale, toute pleine de bons sentiments, ce sera La Fin.
Mais qu’est-ce qui se passe après le Happy End, le « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ? (D’ailleurs, est-ce possible ça de vivre et d’avoir beaucoup d’enfants ? Autre débat qui pourrait s’intituler : les parents du Petit Poucet avaient-ils des circonstances atténuantes ?)Si j’étais Dieu je ne ferai pas de suite
Pourquoi est-ce que c’est toujours raté la suite d’un bon film ?
On avait laissé notre agneau heureux, il s’était trouvé une petite pépète, des amis, il était un héros… Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Et là soudain, après une affreuse scène de ménage (Quoi qu’est-ce que j’ai encore fait ?!?), les frères du loup reviennent en nombre et re-kidnappent la brebis (Mince, elle a 4 jambes, elle. Elle pourrait courir non ?) et c’est parti pour un gigot (une aventure qui n’a ni queue ni tête !).
Une suite de bon film c’est toujours raté parce qu’un bon scénariste a déjà tout mis dans le premier. Aussi, tout ce que l’on rajoute dedans c’est de l’ordre de l’after height des Monty Pithon pour les connaisseurs : le petit chocolat de trop !
Est-ce que ça voudrait dire que la vie pour être heureuse doit avoir une fin ?Si j’étais Dieu, je serai La Mort
A entendre tout ce bien qu’on dit des gens qui nous ont quitté, on pourrait se dire que le meilleur service que nous ait rendu Dieu est de nous avoir fait mortelle. La Mort c’est la post-production de La Vie. Enfin, du ciel, on peut voir l’œuvre dans son ensemble, projeté pour l’éternité, ou presque, sur un linceul blanc. Ça m’a toujours fait rêver moi l’expression repos éternel : fini de se battre pour garder à tout ça une espèce de cohérence.
J’ai mis longtemps à comprendre le Sepukku dans la tradition japonaise. Il s’agit simplement je crois d’une manière un peu extrême et désespérée, de s’assurer que La Fin sera belle et qu’elle éclairera tout ce qu’il y a eu avant et tout ce qu’il y aura après de la plus satisfaisante des lumières dont semblent manquer nos ténèbres : le sens !Si j’étais Dieu, je serai un sens
…si possible le bon.
J’ai récemment pensé que la plus belle définition de Dieu ce serait une caresse, celle qui se pose sur mon cœur quand je fais quelque chose dont je suis fier, et un poing, celui qui sert mon estomac quand je fais quelque chose dont j’ai honte.Si j’étais Dieu je serai donc une caresse… et les femmes seraient meilleures que les hommes !

Si j’étais Dieu, je serai humain
Parce que c’est encore d’ici que l’on voit le mieux ce qu’il y a à faire et que c’est de là que c’est le plus amusant d’essayer de le faire.

Si j’étais Dieu et que j’étais perdu dans les égouts, de loin je préférerai être moi.

Thierry Lahondes
avec l’aide d’Homer Simpson, d’Aurélien, de Guillaume et peut-être de Dieu qui, néanmoins, depuis ne me parle pas.

Merci à tous les participations pour leurs contributions !

 

Les résultats du vote qui a suivi la publication de ces textes est consultable ici :

« Si j’étais Dieu… » : les résultats !

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Si j’étais Dieu, j’engagerais un avocat, et je porterais plainte pour faux et usage de faux à chaque fois que quelqu’un utilise mon nom pour faire des choses aux autres sans m’en avoir demandé la permission. Avec un peu de chance, je gagnerais tous mes procès, et je me ferais des couilles en or grâce aux dommages et intérêts. Enfin, en partant du principe que Dieu soit un homme.

Parce que si j’étais Dieu je préfèrerais forcément être une femme !

Grâce au 11 septembre, je me serais payé une superbe villa dans les collines d’Hollywood.

Chaque attaque contre une clinique où l’on pratique des avortements aurait meublé une des 40 pièces de ma villa.

A chaque fois qu’une femme se fait lapider quelque part, j’y gagnerais une piscine ou une voiture.

Ma salle de cinéma privée serait financée exclusivement par les procès contre les scientologues.

Je passerais beaucoup de temps à voyager en jet privé et en hôtels de luxe, aux frais des massacreurs de tous poil, qui zigouillent les ethnies qui leur déplaisent.

Si j’étais Dieu, mes soirées seraient célèbres dans le monde entier pour leur open bar jamais vide (forcément, mon fils multiplierait à l’infini les bouteilles de rhum et les shooters de téquila).

Les femmes y seraient toujours naturelles et avec de charmants petits défauts et les hommes jamais salauds, parce que seuls les gens bien y seraient admis. Toutes traces de bistouri ou d’anorexie y seraient formellement interdites.

Tout ce luxe finirait par me monter à la tête, et j’en voudrais toujours plus.

Si j’étais Dieu, j’instaurerais une taxe sur les mauvaises actions. Toute forme de violence verbale, mentale, physique ou sexuelle contre un enfant entraînerait aussitôt l’assèchement complet du compte en banque des fautifs. Toute forme de violence verbale, mentale, physique ou sexuelle contre une femme entraînerait aussitôt la même chose.

Ensuite, je ferais une graduation stricte de ce qui est mauvais, occasionnant des ponctions plus ou moins importantes en fonction de l’offense.

Si j’étais Dieu, je rirais au nez de Bill Gates parce que je serais forcément beaucoup plus riche que lui. J’aurais bien compris que la nature humaine est une source inépuisable de revenus.

Je ferais en sorte que les hommes se perdent dans les méandres de leur propre conscience, pour qu’ils se mettent à tuer, frapper, violer au hasard, en toute gratuité.

Et je deviendrais de plus en plus riche, de plus en plus cupide.

Si j’étais Dieu, la somme des mauvaises pensées et des mauvaises intentions humaines me rendraient énorme, me feraient gonfler d’aise à l’idée qu’à chaque fois je prélèverais ma dîme.

Les mensonges des politiciens me feraient me rengorger, puisqu’à chaque fois je pourrais ajouter un objet quelconque à mes achats compulsifs.

Je pourrais satisfaire ma soif inextinguible de shopping, subventionnée par les mille et une lâchetés quotidiennes : les sourires creux, les déclarations malhonnêtes, le regard qui fait semblant de ne pas voir la détresse de l’autre, le pas qui contourne le SDF, les manœuvres pour évincer le collègue…

Si j’étais Dieu, un jour, je m’apercevrais qu’au lieu d’être repu de contentement, je serais tout simplement écoeuré. Et la nausée monterait en moi, monterait, monterait…

Et je finirais par vomir toute cette bile accumulée au fil du temps, en gros jets puissants que l’Homme ne pourrait éviter, et qui finiraient par inonder la terre entière, un tsunami acide qui rongerait vos corps sordides.

Un simulacre de jugement dernier qui me ferait bien rire, et que vous auriez bien mérité. Mais cette fois, nulle arche, nulle liste de bienheureux qui seraient sauvés.

Si j’étais Dieu, je m’éloignerais de ce charnier, et je retournerais vaquer à mes occupations, vous ayant déjà oubliés.

Une réflexion sur “Concours d’écriture « Si j’étais Dieu… »

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