Des dîners complétement philo

Les diners d'idéesEn passant par le site OnVaSortir.com, section de Clermont-Ferrand, j’ai organisé depuis ce début d’année plusieurs soirées de discussion autour d’un petit repas. C’était « Les dîners d’idées ».

Trois ont été programmés sur trois thèmes différents : la religion, les régimes politique, la mort.

En lançant ça sur un site de sorties totalement ouvert, mon intérêt était de varier le type de participant, de découvrir de nouvelles personnes que j’espérai intéressantes.

Malheureusement, pris dans les échanges, je n’ai pas pu noter tout ce qui se disait… j’aurai dû enregistrer ! Ne reste maintenant que les quelques idées que j’avais notées pour lancer le débat.

La religion

Cette première édition des Dîners d’idées était consacrée à la religion, un sujet sur lequel j’ai beaucoup de mal à me positionner.

« Les crispations grandissantes autour de la religion que l’on sent dans la société française questionnent. Pourtant ce n’est pas sur telle ou telle religion que je veux aujourd’hui échanger, mais plus largement sur le concept de religion, qui échappe en partie à ma petite capacité à me représenter la foi, moi qui suis profondément athée :

  • Une société humaine peut−elle vivre sans religion ?
  • Rebondissant sur la célèbre formule de Sarkozy, la religion (et notamment catholique, puisque historiquement principale religion en France) est−elle le meilleur moyen d’inculquer des valeurs aux personnes ?
  • « 

Dans l’assistance, j’ai eu la chance d’avoir différents positionnement, avec notamment une personne fervente catholique, une juive de culture familiale mais pas du tout pratiquante, et un scientifique libertaire qui se rapproche de la religion avec l’âge…

« Une société est-elle plus forte en se basant sur une religion ?
Il est certain que l’intégrisme apporte un avantage guerrier : puisque la religion promet une vie rêvée après la mort terrestre, le soldat peut plus facilement se lancer dans un combat où la mort est risquée, voire recherchée. L’exemple actuel des attentats suicides des islamiques intégristes est frappant. Le nom même de « kamikaze » vient des soldats japonnais n’hésitant pas à se suicider dans des actions guerrières désespérées, pour leur empereur dieu vivant.
Mais alors, on ne risquerait sa vie que au nom d’un dieu ? On peut parler de l’armée française au lendemain de la révolution de 1789, levée pour la défense de la république face à la réaction des royautés voisines… Mais déjà, la République n’était-elle pas en passe d’être transformée en religion pour remplacer les rites et éléments divins du catholicisme ? »

Nous avons eu des échanges sur la place de la religion à l’école, suite aux déclarations du président Sarkozy, et notamment de la manière d’aborder le fait religion par un angle historique et sociétal rigoureux. Toute la difficulté étant dans ce mot rigoureux.

Et moi de finir en boutade par le célèbre « Je suis athée… Dieu merci… »

Les régimes politiques

Je suis un partisan de la VIe République Française, avec une refonte complète de nos institutions, pour essayer de mieux lutter contre la corruption et l’irresponsabilité des élus, et les carrières politiques tubulaires. Je voulais faire de cette soirée un moment d’échange sur la manière dont chacun verrait le fonctionnement idéal du politique dans une société réaliste.

« Ceux qui ont joué à Civilizations, le célèbre jeux informatique (mais pas que) de Sid Meier, se souviennent que le but était de faire évoluer et avancer un peuple au fil du temps. Ce jeu présentait aussi les avantages et inconvénients des différents régimes politiques que la société humaine a pu expérimenter au cours de son histoire, en vrac : le despotisme, la monarchie, la féodalité, la théocratie, l’intégrisme, l’anarchisme, la démocratie, la république, le communisme, le fascisme… Tous avaient leur intérêt dans le jeu dans certaines conditions, mais tous avaient aussi leurs limites, plus ou moins fortes.

En France, nous jugeons que la démocratie est le meilleur des mode de gouvernement. Soit. Mais pourtant, on observe dans la réalité que c’est un système politique qui est loin d’être parfait : la corruption est forte, et la manipulation de l’électorat met en évidence ses limites. Il n’y a qu’à voir les affaires politico−financières qui reviennent sans cesse et le dernier référendum suisse sur la construction de minarets…

La problématique que je propose ce soir est :

  • Comment verrions−nous la VIe république dont certains partis politiques nous parlent parfois ?
  • Et faut−il passer à une VIe république ?
  • Ne pourrait−on pas inventer un autre système politique ?

Questions délicates si on cherche à ne pas tomber dans l’utopie… »

les_diners_d_idees-garr-fr_ Nous étions six à ce dîner d’idées, mais malheureusement un participant a totalement bloqué la discussion en cherchant à imposer son point de vue — anarchiste — à chaque tentative d’ouverture du débat. C’est dommage, je suis sortit très frustré de n’avoir pas eu la richesse d’un échange d’idée et de positionnement. Tout argument était clôt par un « tu n’as rien compris, ouvre les yeux ! » par notre camarade d’un soir.

Pourtant j’avais noté quelques idées pour relancer les échanges si besoin :

« Il y a quelques jours, discutant avec Citizen Kane, je lui exposais mon incapacité à imaginer un système politique dans lequel l’Homme politique d’état n’était pas motivé par son seul intérêt et plaisir du pouvoir, et de l’argent... Pourtant la fonction politique est, au contraire du dirigeant d’entreprise, loin très loin de la considération compétences / responsabilités = salaire élevé. Est-ce à ce point utopique de croire que l’honneur de se voir responsable du bien être actuel et futur d’une population ne devrait pas être la seule gratification imaginable ? »

Et des citations :

« La principale qualité requise pour être chef de l’Etat est de savoir mépriser l’événement et avoir la passion de l’indifférence. »
(François Mitterrand)

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis. »
(Thomas Jefferson)

Ainsi que de quoi lancer la polémique si les échanges étaient trop calmes :

« Être de gauche c’est d’abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi ; être de droite c’est l’inverse. »
(Gilles Deleuze, dans « L’Abécédaire »)

Mais je n’ai pas pu aborder tous ces sujets…

La mort

Après l’échec de la dernière soirée, j’ai proposé celle-ci à mon seul cercle d’amis. Nous nous sommes retrouvés à cinq pour échanger sur notre rapport à la mort.

« Une fin pour certains, une début pour d’autres, ou encore une étape, chacun donne une signification à cet épisode de la vie…

  • Sur quelles considérations religieuses ou philosophiques basez-vous votre approche de ce moment ?
  • Quel accompagnement attendez-vous de la part de vos proches ? Et comment, vous, accompagnerez vous vos proches au moment de votre mort ?
  • Mourir demain ou dans 50 ans, quelle différence ?
  • Peut-on vivre sans penser à la mort ? Ou peut−on donner un sens à la vie si l’on considère qu’il n’y a rien après la mort ?« 

Des échanges très riches, mais dont je n’ai pas du tout la trace ! Quel dommage.

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