Voyage en Éthiopie : première rencontre avec l’Afrique

Ethiopie : peuple DorzeCela faisait très longtemps que je voulais faire un voyage en Afrique. Des films vus quand j’étais enfant comme « Les dieux sont tombés sur la tête » m’ont marqué : les grandes étendues, la vie simple, libre, dans la nature…
Et il y a quelques mois une opportunité est arrivée : des amis voyageurs expérimentés me proposaient de me joindre à eux pour deux semaines en Éthiopie.

Même si l’Afrique reste une destination très attirante, son état sécuritaire est pour le moins délicat et la situation géopolitique interdit aux touristes occidentaux de se balader dans certains coins. D’où cette première question : quel risque réel prenions nous ?

Notre Ministère des Affaires Étrangères, dans la rubrique « Conseils aux voyageurs« , est clair : l’Afrique centrale et du nord, en dehors du Maroc, est une destination risquée. L’Éthiopie se trouve, elle, prise entre un ensemble d’états plus ou moins en guerre. C’est le petit îlot calme de la Corne de l’Afrique, avec simplement un conseil de « vigilance renforcée ».

20160209_fcvregional_afrique-www-garr_-fr_

 

Il faut dire que ce pays a eu une actualité mouvementée ces dix dernières années : menace terroriste depuis une tentative d’attentat en 2013 à Addis Abeba, mouvement social important en Oromo, région Somali (zone au contact de la Somalie) interdite aux étrangers en raison d’incursions armées régulières de rebelles venant de Somalie, guerre actuellement dans le pays voisin Erythrée, tensions communautaires à la frontière avec le Kenya, guerre dans le Soudan du Sud, des touristes attaqués dans le Danakil en 2012 sans qu’on sache trop par qui, etc.

25-04-2014_ethiopie-www-garr_-fr_

 

Y aller ? Ou pas ?

Cette présentation de la situation nous a fait réfléchir lorsque nous construisions notre voyage. Y aller, ou pas ? Éviter certaines zones, ou pas ?

Finalement, les échos que nous avons eu du terrain, apporté par des amis sur place ou glanés sur Internet nous ont décider à faire ce voyage, et même à passer plusieurs jours dans une zone « rouge » sur la carte. Prise de risque, soit. Mais l’escorte militaire, obligatoire dans certaine zone, rassure. L’Ethiopie, pays émergeant, qui a un potentiel économique extraordinaire par le tourisme, n’a aucun intérêt à laisser les touristes se faire attaquer ou prendre en otage.

Et puis, nous nous sommes dit que l’Etat Français était dans son rôle en étant alarmiste. C’est sa responsabilité qui est en jeu. Il faut de plus prendre en compte la situation sécuritaire de la France : Vigipirate en métropole et plusieurs opérations extérieures en parallèle. Moins il y a de Français dans une zone potentiellement dangereuse, et plus nos militaires peuvent se concentrer sur leurs opérations en Moyen Orient et en Afrique de l’Ouest.

 


 

Mon ami Pascal est à l’initiative de ce voyage. Avec sa compagne Chris et un couple d’amis (Alain et Claudine), ils ont déjà fait un premier voyage en 2015, à la même période, pour découvrir le nord de l’Éthiopie. L’envie d’y revenir pour visiter d’autres coins était forte : il faut bien reconnaître que l’Ethiopie est un pays très riche. Riche de ses paysages, de son histoire, de ses peuples et de ses cultures, à défaut de l’être économiquement.

buska_tours_ethiopia

 

Comme pour son premier séjour, Pascal a fait appel à l’agence locale Buska Tours Ethiopia pour s’occuper de ce second voyage. Les échanges avec Abel, le dirigeant, ont été nombreux et toujours remplis de bonnes idées et ajustements pour nous satisfaire au maximum.

Notre programme s’est donc fixé sur un séjour de 15 jours comportant un long circuit dans la vallée de l’Omo, à la rencontre des tribus locales, et se terminant par quatre jours dans la dépression du Danakil pour des découvertes plus géologiques que culturelles.

Je vous propose sur mon blog une série d’articles compte-rendus, qui paraîtront au fur et à mesure que je les rédigerai et que je traiterai toutes les photos prises en deux semaines !

Sommaire prévisionnel :

1- Découverte d’Addis Abeba
2- Découverte de la campagne
3- Le lac Ziway
4- Les laveuses de Halaba

5- Les Dorzes
6- Le Parc National Nechisar
7- Les Konsos
8- Les Mursis
9- Les Aris
10- Jinka
11- Les marchés de Key Afer
12- Les Daseenechs
13- Les Hammers
14- Découverte du nord
15- Le Dallol
16- Les Afar et le Erta Ale
17- Bilan et conseils

 


 

Préparatifs

Étant totalement newbie dans un projet de voyage de la sorte, et vu le coût qu’il représentait, je tenais à être bien équipé pour pouvoir en profiter pleinement sans regret du style « j’aurai dû prendre ça avec moi », parce que je n’aurai pas l’occasion d’y retourner dans un mois avec l’objet manquant…
Des conseils d’amis ayant déjà fait ce genre de voyage m’ont permis de défricher un peu l’ensemble de mes interrogations.

Au final, trois points de réflexion m’ont occupé pendant les deux / trois mois précédent le départ : vestimentaire, médical, et technologique.

Côté vêtement, ayant une mauvaise peau, je n’avais nulle envie de me tartiner de crème solaire toutes les cinq minutes, il me fallait donc des vêtements couvrants mais légers. J’ai trouvé mon bonheur sur le site Cim’Alp.
J’ai profité des soldes de janvier pour m’équiper en chemises et pantalons : toiles synthétiques, UPF 50, et en plus traités anti-moustiques. Que demander de plus ?

Aux pieds, j’ai trouvé au Vieux Campeur les chaussures idéales : les Tenere Light de la marque Aigle. C’est pour moi un retour aux sources : on dirait les Pataugas que je portais en randonnée quand j’étais enfant ! J’ajoute à ces chaussures des chaussettes en bambous (oui, ça existe), qu’on me vend comme très respirantes et légères.

Et évidement, ne pas oublier le chapeau couvrant nuque et oreilles ainsi que les lunettes de soleil indice 4…

Côté médical, alors que mes covoyageurs n’avaient pas pris de précautions particulières (il n’y a pas d’alerte sanitaire en cours dans le pays, même si certains sites ont plutôt un discours inquiétant), j’ai préféré pour ma part me rendre au service voyageur du CHU pour conseil. Leur conseil était prévisible : la totale ! Vaccin contre la fièvre jaune, vaccin contre l’hépatite A, vaccin DTP et traitement préventif contre le paludisme (Malarone, à prendre tous les jours + une semaine après le retour). J’ai maintenant mon petit livret jaune, le certificat international de vaccination de l’OMS.

De son côté, mon médecin traitant m’a prescrit quelques médoc « au cas où » :
– un complément alimentaire à prendre tous les jours : Lactibiane,
– de l’argile verte pour protéger l’estomac et les intestins,
– un anti-diarhétique léger : Tiorfanor 175 mg,
– un anti-diarhétique lourd en cas d’infection : Panfurex 200 mg,
– un antibiotique à large spectre : Amoxicilline Sandoz 1g,
– une solution ophtalmique en cas de d’asséchement des yeux : Dacryoserum.

Et j’avais pour ma part le nécessaire pharmacie de base : crème solaire, Biafine, Bépanthène, gel antibactérien, spray antiseptique, compresses stériles, pansements, etc.
Sans oublier les bombes anti-moustiques ! Une pour le corps (lotion anti-moustique 5 sur 5 Tropic) et une pour les vêtements (Insect écran vêtement, à appliquer avant le départ). J’ai aussi une moustiquaire, si besoin.

Côté technologie, en bon homme moderne je suis dépendant de l’électricité. Mes appareils photos auront beaucoup de travail et seront rapidement à plat, j’ai donc prévu quelques batteries de rechanges. Et puis les cartes mémoires de ces mêmes appareils se remplissent vite (oui je suis encore avec des CompactFlash), il faut donc que je les vide tous les soirs. Et puis, tant qu’à faire, autant pouvoir regarder les photos du jours, faire un premier tri, corriger le tir pour le lendemain en fonction des réussites et échecs du jour… il m’aurait donc fallut un ordinateur portable. Mais la chaleur, le sable, l’autonomie électrique et la manipulation des sacs pendant deux semaines à dos de 4×4 m’ont fait craindre pour l’état de mon appareil à mon retour… J’ai donc investi dans une tablette : plus petit, moins consommatrice d’énergie, plus facilement protégeable, et puis annoncé comme étant étanche à l’eau et au sable (modèle Sony Xperia Z4). La tablette me servira aussi pour taper mes comptes-rendus journalier, ceux-là même qui alimenteront les articles sur ce blog. D’où l’importance de l’objet ! Une tablette s’allume et s’éteint rapidement, peut être utilisée en voiture, entre deux conversations…

J’ajoute une considération sociale : étant particulièrement intéressé par les rencontres avec les éthiopiens, j’ai cherché à préparer une base de vocabulaire, histoire de faciliter les rencontres. Dans ce pays aux 100 dialectes, tous reconnus par l’état, la tâche ne s’annonçait pas simple. Heureusement il existe tout de même une langue principale : l’amharique, qui est la langue administrative et anciennement la langue officielle. Vu la complexité de l’alphabet, il existe sur Internet des pages proposant des approches phonétiques bien utiles pour les étrangers.
Et notamment ce site très complet, créé par un organisme américain le « Defense Language Institution Foreign Language Center » :

camain

http://fieldsupport.dliflc.edu/products/amharic/ac_ca_LSK/default.html

Il propose tout un ensemble de phrases usuelles (plus des ordres militaires ! ne pas oublier que ce site a été fait pour les militaires) dans un très grand nombre de langues avec une traduction phonétique (à prononcer à l’anglaise évidement) et surtout des fichiers sons pour chaque phrases. Voilà une ressource très riche. Hop, site aspiré sur la tablette.

 

Bon… ça y est je suis prêt ?

 

Mon sac frôle les 20 kg, mon sac à dos 8 kg, il faut que j’arrête de mettre des trucs dedans…

 

plane  

 


Notez enfin que pour compléter mes notes, impressions et renseignements pris sur place, j’irai chercher des infos sur Internet et notamment via :

Même si l’intérêt de mes articles est principalement d’expliquer mes photos, il se peut que je me dise en rédigeant qu’il me manque telle ou telle visuel pour illustrer mon vécu. Alors là aussi je ferai appel à d’autres sources pour compléter ma photothèque personnelle :

  • en premier lieu mon ami et covoyageur Pascal, dont vous retrouverez le travail dans sa galerie Flickr. On s’est parfois réparti le travail photographique : je le vois qu’il prend en photo ce que j’avais en tête, je le laisse faire, puisque je récupérerai son travail … et inversement. C’est très agréable de voyager sans être le seul amateur de photo !
  • quelques photos aussi de notre covoyageuse Claudine,
  • les galeries Flickr de Georges Courreges.

Listes non exhaustives, qui seront complétées au fur et à mesure de mes recherches et découvertes !

3 réflexions sur “Voyage en Éthiopie : première rencontre avec l’Afrique

  1. hi hi hi ça me fait marrer… tu es un perfectionniste !
    du coup moi qui suis une vraie dilettante malgré le fait que je parte souvent en voyages à l’étranger et loin… je ne pense jamais à tout ça ! tu m’impressionnes…
    Bref du coup, comme je vais partir bientôt… Je vais aller regarder certains sites dont tu parles… pas tous faut pas déconner non plus !!! rires.
    En tout cas… merci pour ce beau retour d’expérience !

    • Ah ! parfois à se poser trop de question on ne fait plus rien non plus…
      Mais bon, faut pas perdre de vue que c’était mon premier voyage, un vrai saut dans l’inconnu dont je voulais profiter à 200%. Les prochains seront peut-être moins pensés et plus improvisés… ou pas. 🙂

Laisser un commentaire