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Lundi, 01 Mars 2010 10:34

Je suis synesthète. Depuis toujours peut-être, mais consciemment du phénomène depuis le collège, et connaissant son existence scientifique depuis l'université.

J'ai toujours eu du mal à identifier ce qui me paraissait étrange, singulier dans ma façon de « voir » les numérations. J'ai toujours hésité à expliquer ce que je voyais aux autres, à leur demander si eux aussi avaient cette carte mentale, par incapacité à formaliser et exprimer cette sensation, et aussi par peur du ridicule de mon interrogation...
Et puis un jour, par hasard, j'ai découvert la définition de la synesthésie. Voici donc, encore une fois, un article très personnel : je vais vous parler de moi.

Je suis synesthète...

 

 

Sommaire

  1. Introduction (1.1 Qu'en sait-on aujourd'hui ?)
  2. MA synesthésie
  3. Les nombres
  4. L'argent
  5. Les années
  6. Les âges
  7. Le temps (7.1 Les secondes et minutes - 7.2 Les jours, semaines, mois)
  8. Autres relations
  9. Discussion (9.1 Une perception du monde - 9.2 Handicap ou don ? - 9.3 Mon rapport au calcul)
  10. Mot de fin
  11. Pour aller plus loin : des liens

 

Introduction


Bon, après ce teasing en bonne et due forme, il me faut vous exposer un peu plus ce qu'est la synesthésie.

Étymologie : le mot « synesthésie » vient du grec, syn, « avec » et aisthêsis, « sensation ».

Définition : « la synesthésie est une condition neurologique dans laquelle la stimulation d'une modalité sensorielle provoque d'inhabituelles expériences dans une autre modalité sensorielle, non stimulée. ».
C'est la capacité pour le cerveau d'associer au moins deux réponses sensorielles à un stimulus. Par exemple, certains synesthètes qui entendent une note de musique, associent automatiquement et constamment une couleur particulière à cette note. Mais ce n'est pas la seule forme possible de synesthésie : il y en aurait plus de 152 dénombrées par les scientifiques...

Trois formes sont particulièrement répandues chez les synesthètes :

  • « la synesthésie graphème-couleur » (les différentes lettres ou nombres apparaissent teintés de différentes couleurs),
  • « l'audition colorée » (les sons évoquent des couleurs),
  • « la synesthésie nombre-espace » (les nombres sont associés avec des localisations précises dans l’espace).


On peut aussi nommer quelques autres :

  • « la synesthésie lexicogustative » (les mots individuels ainsi que les phonèmes du langage parlé évoquent des sensations de goûts dans la bouche),
  • ou encore « la personnification ordinale/linguistique » (des séquences, comme les nombres, les jours de la semaine, les mois et lettres sont associés avec des personnalités).
  • ...


Quelle que ce soit la forme, c'est un phénomène totalement irréfléchi, incontrôlé et constant.

Repéré dans le dernier quart du XIXe siècle, il est tombé rapidement dans l'oubli tant son étude était difficile à l'époque, car reposant exclusivement sur des témoignages. Les techniques récentes d'imageries  médicale ont permis de remettre au goût du jour la recherche en neurosciences autour de la synesthésie.

Le nombre de synesthètes dans la population n'est pas arrêté : suivant les études l'évaluation oscille entre 1/24 de la population (soit 4%) pour les définitions assez larges de la synesthésie, à 1/2000 pour les définitions les plus restrictives (soit 0,05%).

Qu'en sait-on aujourd'hui ?

Il s'agirait simplement d'un ensemble de connexions particulières dans le cerveau. C'est la théorie de l’« activation croisée » (cross activating) : entre deux régions voisines, chez les synesthètes concernés, les neurones s’échangeraient des informations alors qu’ils ne le devraient pas.


L'imagerie cérébrale permet de repéré les zones activés certains stimuli :
chiffres et lettres activent la zone indiquée en vert, la couleur d’un objet active la zone V4 en rouge, les quantités activent la zone en violet, et l’espace la zone en bleu.
© Edward Hubbard


Tous les nourrissons seraient synesthètes, leur cerveau étant encore largement immature, les informations arriveraient en vrac et seraient interprétées par au travers de tous les sens... Ce n'est qu'à partir du 3e ou 4e mois de vie que l'organisation de leur perception se stabiliserait. Certaines causes génétiques entraîneraient alors un « mauvais câblage » entre différentes zones du cerveau, entraînant l'apparition d'une synesthésie.


L'étude des synesthésies est une manière de comprendre toujours un peu plus le fonctionnement du cerveau humain, et notamment les liens entre les modes sensitifs différents... Aussi, pourquoi, lorsque l'on demande à des individus d'associer une forme aux mots "Kiki" et "Bouba",  la plupart des gens (même illettrés) associeront une forme ronde à "Bouba", et une forme anguleuse à "Kiki" ? [source]

On peut aussi mentionner son analyse sous l'angle de la philosophie par ses rapports au concept des qualia (les qualia sont définis comme « les propriétés de l'expérience sensible par lesquelles cela fait quelque chose de percevoir ceci ou cela »), et sa contribution à la réflexion scientifique sur les mécanismes du cerveau qui permettent d'être conscient. Qu'est-ce que le monde « réel » ?



Mais l'objet de ce texte n'est pas d'exposer in extenso l'étude des synesthésies, il existe sur le net de nombreux articles, sites, forums dédiés à ce sujet. Vous trouverez les liens plus bas.

MA synesthèsie


Non, l'objectif est pour moi d'essayer d'exposer, ici, MA synesthésie. Tâche ardue, j'ai beaucoup de difficulté à exprimer ce que je vois. Il n'y a pas d'image fixe, c'est une organisation mouvante en fonction de l'unité que je visualise. Ceci dit, j'espère que vous arriverez à me comprendre, et que l'on pourra échanger sur ce phénomène qui – comme vous l'avez lu – n'est pas si rare finalement.

Ainsi donc, je suis synesthète avec le caractère de « la synesthésie nombre-espace », aussi dite « synesthésie numérique » : toutes les échelles, quelles soient numériques ou temporelles suivent chez moi une ordination spatiale très stricte et stable.

Wikipédia :

La "synesthésie numérique" est une carte mentale des nombres, qui apparaît automatiquement et involontairement lorsque le synesthète en question pense à des nombres ou des unités temporelles. Ainsi, les nombres peuvent être alignés selon un axe montant, et les mois de l'année peuvent former un demi-cercle. Ceci fut documenté et nommé pour la première fois par Sir Francis Galton (scientifique britannique du XIXe siècle). Il a été suggéré que ces "cartes numériques" sont le résultat d'une activation croisée (cross activation) entre les régions du lobe pariétal qui sont impliquées dans la cognition numérique et spatiale. En plus de leur intérêt pour la synesthésie numérique en tant que synesthésie, les chercheurs en cognition numérique ont commencé à explorer ce type de synesthésie pour les aperçus qu'il peut donner sur les mécanismes neurologiques des associations numériques/spatiales présentes inconsciemment en chacun de nous.



LES NOMBRES


Ma numérotation commence à 0. Les nombres négatifs ne sont clairs que si j'ai « besoin » d'eux, par exemple pour situer une température négative. Mais je sais qu'ils sont là. Il n'y a pas un vide à gauche du 0, c'est juste une zone diffuse, floue et grise : il y a une « présence », mais sans que je puisse discerner le chiffre (alors que je sais pertinemment que c'est le -1).

A partir du 0, les chiffres montent en suivant une faible diagonale jusqu'à 10 puis bifurquent à 90° vers la gauche jusqu'au 19... A noter que les 11, 12, 13 restent assez flous, je vois de nouveau bien clair à partir de 14. Autant ma vision des chiffres est claire de 0 à 25, autant ces trois là, quand je ne suis pas concentré particulièrement sur eux restent plus petits, plus diffus. Coïncidence ou pas, je me souviens avoir eu « un mal de chien » à apprendre ces trois nombres en anglais : eleven, twelve, thirteen (si si maintenant je les sais !)...

Cette vision est légèrement en trois dimensions. Du moins, je vois une perspective, comme un plan incliné. Ainsi la taille des nombres diminue un peu du 10 au 19, mais l'effet dû à la perspective ne se poursuit pas au delà de ce chiffre...

Les nombres de la vingtaine sont parallèles à ceux de la dizaine, mais légèrement décalés, un peu plus haut : le 20 est proche du 14. La trentaine suit la vingtaine dans le même axe, mais la quarantaine est de nouveau en léger décalage, pas vraiment en parallèle, mais pas loin.

L'image mentale que j'observe ressemble à ça, même si je ne suis pas vraiment satisfait du résultat :


Fig. 1 : nombres de 0 à 49

Au niveau du 50, les choses se compliquent. Il m'est excessivement difficile de coucher sur papier l'organisation spatiale des nombres telle que je la perçois, car en fonction du nombre sur lequel je mets le focus, cette organisation peut évoluer, les échelles bouger, les alignements se défaire... C'est comme si je volais au dessus du plan sur lequel sont inscrits les chiffres, effectuant des zooms « in » et « out » qui amènent des changements de perspectives à certains endroits.

Lorsque je pense à la cinquantaine donc, les chiffres de la quarantaine s'évanouissent, ne laissant que le 48 et 49 collés au 50. J'aperçois la trentaine et devine la vingtaine dans la même organisation que présentée plus haut, mais beaucoup, beaucoup plus petits, très lointains.
Comme pour les quarante neuf premiers nombres, il s'agit de séries par dizaines, distinctes. Mais plus désordonnées, mais prégnantes. Lorsque je suis sur un nombre entre 60 et 99, je ne vois quasiment pas la dizaine supérieur, ni la dizaine inférieur...
Les trois dizaines entre 60 et 89 penchent vers la droite avant de reprendre la parallélisme d'origine pour la quatre-vingt dizaine.


Fig. 2 : nombres de 50 à 99

Par la suite, j'ai surtout en tête les centaines, puis milliers. Je ne vais pas détailler chaque unité jusqu'à... Jusqu'à combien d'ailleurs ?
Lorsque je balaye les nombres sans m'attacher à l'un d'entre eux, j'ai une vue assez claire des unités jusqu'à la cinquantaine. Puis ce sont des ensembles que je vois, des blocs exprimant les dizaines jusqu'à 200, puis les centaines jusqu'à 2 000, puis les milliers jusqu'à 15 000, le reste est très flou... Il n'y a plus d'ensembles, mais une masse diffuse allant vers l'infini...

Il voit aussi une coupure à 999, juste avant d'entrer dans le second millier, sans que j'arrive à la formaliser à l'écris. Je la sens, plus que je ne la vois vraiment... donc pas de représentation !


Fig. 3 : nombres de 100 à 999

Il me semble aussi que ces différentes échelles sont définies en référence au calcul de l'argent.


L'ARGENT


Ma perception reste relativement détaillée jusqu'à 200, et il me semble que c'est dans cette dimension que se situent la majorité de mes transactions financières, la limite à 2 000 correspondant au millier juste supérieur à mon salaire... peut-être un objectif inconscient à atteindre...
15 000 est mon objectif d'économies pour m'assurer un éventuel remplacement imprévu de voiture.
Reste accessible, comme un phare dans la brume, le nombre 100 000, représentant la somme que j'aimerai (enfin, que je peux) mettre dans un projet immobilier.

J'ai aussi pour l'argent deux échelles qui se superposent et parfois se confondent : celle des euros et celle des francs. Quand j'évalue une somme, je place constamment le 15 au niveau de 100 : 15 € pour, approximativement, 100 FF... De même 30 se situe au niveau de 200, 150 au niveau de 1 000..., cela va par unité pleine jusqu'à 15 000 €. Au delà, il me faut faire un gros effort de conversion pour appréhender une somme en euro. En fait, je n'ai plus vraiment de repère passé cette somme, même la conversion en francs ne m'apporte pas plus de références.


LES ANNEES


J'ai en tête une échelle temporelles assez claire, mais comme pour les nombres : mouvantes en fonction de la période sur laquelle je mets le focus...

Tout se déroule de gauche à droite, dans le sens de lecture, sur une ligne pour les dates anciennes (jusqu'au XVIIIe siècle grosso modo), puis reviennent les blocs que je « vois » déjà pour les nombres.

Le premier point clair est le 0 définis par le calendrier chrétien. Avant JC, à gauche du 0, c'est très flou, je n'ai pas vraiment d'échelle stable. Je place la vie de Socrates au hasard, à quelques centimètres du 0, et bien plus loin la préhistoire... A une distance indéfinie, je place le Big Bang... D'ailleurs, quand je visualise cette limite avant laquelle, je me situe au dessus du 0, assez haut, comme dans l'espace, observant au loin une lumière dans le noir. Cette manière de me représenter les temps sous forme de frise chronologique est valable jusqu'à l'époque actuelle : à chaque moment, j'associe une image illustrant ce que je sais / ce que je sais de la période en question. C'est une visualisation plus colorée et complète que pour les nombres seuls.

Mais revenons à l'échelle de temps : c'est la période chrétienne qui est la plus claire, certainement parce que plus étudiée au cours de ma scolarité. Les premiers siècles sont petits, je ne distingue pas grand chose : c'est flou et mouvant. Les blocs se précisent petit à petit, jusqu'à devenir parfaitement clairs et stables à la seconde moitié du XVIIIe siècle.


Fig. 4 : années de 0 à 1800

Entre 1790 et 1800, j'observe une particularité de cette dizaine, perpendiculaire à l'organisation des autres... Une rupture dans ma représentation que je retrouve en 1945, période de rupture historique, comme le furent les années 1790 avec la révolution française ?
A 1800, la visualisation des années reprend son cours « habituel ». Assez flou pendant la première moitié du siècle, puis plus clair par la suite. Inclinaison à 1890 et poursuite vers le XXe siècle. A son niveau, les repères changent. Le fil des années est rectiligne vers 1919, puis 1920-1929 en léger décalage, comme 1930... A noter que quelques dates apparaissent toujours plus importantes que les autres : 1870 (non représenté sur la figure), 1905, la période 1914-1918 (même 1919)... Des dates qui ont marqué ma vie d'écolier : défaite contre la Prusse, séparation Église-état, première Guerre Mondiale...


Fig. 5 : années de 1800 à 1930

1930 se poursuit sur le même axe par les années 40. Du moins la première période, jusqu'à la fin de la seconde Guerre Mondiale. Une inclinaison est marquée à 1946. C'est la seule dizaine que je coupe en son milieu. Peut-être parce que je considère qu'un nouvelle époque s'ouvre à son niveau...


Fig. 6 : années de 1930 à 1950

La seconde moitié du XXe siècle est assez floue en son commencement, certainement dû à ma méconnaissance de cette période. Il me faut un certain temps pour me repérer dans cette zone lorsque j'entends parler d'une date entre 1950 et 1979.

Nouvelle inflexion à 1980, année de ma naissance. A partir de cette date tout est clair jusqu'à la période actuelle : à la pensée d'une de ces années c'est tout l'ensemble qui apparaît clairement. Lorsque je pense à moi, j'associe chaque année à un stade de ma vie et me visualise dans un cadre particulier. Chaque « bloc » annuel est en faite une image, ou plutôt une petite vidéo en boucle, reprenant un évènement ou un cadre de ma vie.
De même, si je situe un moment social ou politique, c'est une image en adéquation avec le sujet de ma pensée qui apparaît. A ce niveau, certaines années sont moins prégnantes que d'autres, lorsque j'ai peu de connaissances de la période.


Fig. 7 : années de 1950 à 2010

Le fil du temps se poursuit régulièrement, avec juste un angle droit à ma dixième année, comme pour la première dizaine de ma représentation des nombres.

Ma vision des années futures ne va pas bien loin. Si je vois bien les années 2010, tout devient flou au cours des années 2020... Par la suite, si je pense à une année en particulier je reprends l'organisation spatiale des nombres (cf. fig. 2 et fig. 3).


Fig. 8 : années après 2010

 

LES AGES


Ma perception des âges reprend en partie l'organisation des années, mais de différentes façons en fonction de la personne ou de l'objet considéré.

Ainsi, je place la naissance au niveau de ma propre naissance pour toute personne plus jeune que moi. Ceci me permet d'évaluer où elle en est dans sa vie en fonction de mon propre parcours (car je l'imagine dans les positions que je visualise en illustration de ces années).


Fig. 9 : âge de la naissance à 30 ans

Mais cette vision des âges est bien en lien avec ma vision des années (fig. 7), c'est une simple superposition : je « vois » 1979 juste avant le point « 0 » (naissance), et toutes années précédentes. Bien moins fortes, oui, mais bel et bien présentes.


Pour une personne plus âgée que moi et qui vit toujours, c'est plus complexe.
Si je m'intéresse à une période de sa vie où elle était plus jeune que moi, je la replace dans son contexte, en la positionnant rigoureusement sur mon organisation des années telles qu'exposées sur les figures 5, 6 ou 7 (avant 1980). Par exemple, je place l'âge « 1an » de ma Grand-Mère, ce sera « visuellement » au niveau de l'année 1925 et son enfance et adolescence suivra la figure 6.
En revanche, à partir du moment où je la considère à un âge plus avancé que le mien, l'échelle change et ses quarante ans ne seront pas dans les années 1960, mais suivra la figure 9 : les blocs par dizaines sont toujours présent, parallèles, deux blocs pourtant se suivent : 50 – 60 et 90 – 100. Autre particularité, l'âge 40 ans qui est rattaché à la trentaine...
Mon échelle des âges s'arrête peu après 120 ans, dans les âges où Jeanne Calment, doyenne de l'humanité, il y a quelques années, est décédée. Par la suite, si je dois considérer un âge plus avancé, je reprends l'organisation des nombres de la figure 3.


Fig. 10 : âge de 30 ans à ...

De nouveau, le fonctionnement est encore différent si je considère un objet ou une plante (un tableau, un arbre...). Lorsqu'on me dit que tel chêne à 200 ans, je visualise son âge au jour actuel et remonte de deux blocs de 100 ans en arrière pour arriver à un point vers 1810 sur la figure 5... Cela me permet d'évaluer sa longévité en regard de l'histoire du monde. Je me dis « quand il est né, le monde ressemblait à ça ».


LES TEMPS


Quand on parle de temporalité, ma perception est différente pour une heure en tant qu'unité de durée et une heure comme repère pour se positionner dans la journée par exemple.

Les secondes et les minutes


J'imagine qu'à ce niveau, ce doit être comme tout un chacun, j'ai en face des yeux le cadran d'une horloge, sur laquelle les aiguilles me permettent de percevoir les petites durées.
Ainsi quand je lis sur un boîtier de CD la durée de l'album, j'ai ce cadran en tête avec une portion mise en avant, comme la portion d'un graphique en camembert, et lorsque la durée dépasse les 60 minutes, deux zones se superposent...


Fig. 11 : exemple de la visualisation de 38 secondes, ou 38 minutes.

 

Les heures


Dans la représentation des heures, c'est de nouveau assez complexe... Et je ne sais pas comment les représenter sur une feuille. Ce sera donc une présentation uniquement textuelle :

Quand je considère une heure comme point dans la journée, qu'il soit passé, actuel, futur, il m'apparaît dans un cadran d'horloge semblable à la figure 10. Pas de portion de camembert cependant, je vois le point des minutes sur le cadran et le heure à la place de « 12 ». Mais je vois aussi l'heure précédente et l'heure suivante. Si je considère 16h38, je lis 16 à la place du « 12 » de midi, je vois une barre au niveau de la 38e minute du cadran, si je poursuis vers le « 12 » de midi, le 16 est remplacé par 17, et à l'inverse, si je regarde « sous » l'heure actuelle, c'est le cadran du 15 que j'observe. C'est un peu comme si l'heure était sur une vis : je monte ou descends d'un étage en changeant d'heure. Mais cette vis serait alors aplatie car le cadran de 15 heures à plus sur la gauche que celui du 16 heures et celui du 17 heures plus à droite (bien que les cadrans soient parfaitement ronds... allez comprendre...).

Quand l'heure est une durée de temps, plus de cadran d'horloge : j'ai en tête une journée complète sur laquelle je place la durée en question. Cette durée est toujours placée sur une échelle, mais je positionne le début en fonction des informations que j'ai (facile pour une rendez-vous par exemple), et si je n'ai pas cette information, pour une durée indicative, je la place son début au niveau de 14h00.
Ces heures sont dans des cadres, des rectangles avec une gradation assez flou et fluctuante des demies-heures, quarts-d'heures, voir parfois minutes... Ces cadres sont bout à bout, de gauche à droite. Je « zoome » et «dézoome» et change de perspective très souvent.

La nuit, j'observe de face mes blocs d'heures (4, 5, 6 heure du matin). Puis je suis au dessus, assez proche de 7 heures, regardant devant moi 8 et 9 heure. La matinée, jusqu'à 12 heure, est de nouveau présentée en biais 9 étant en bas à gauche, 12 en haut à droite. Pour 12 à 14 heure, je suis juste en face des heures, c'est un mixte entre le cadran rond, au niveau de son organisation et fonctionnement avec les heures alentour, et le rectangle des heures de matin. L'après midi reprend la présentation de la matinée (10h – 12h), jusqu'à 18 heure. De nouveau, pour la période 18h – 21h, même agencement que pendant midi. Puis la soirée se remet avec une perspective assez appuyée jusqu'à 1h00 du matin. La période 1 heure – 4 heure est très sombre, je ne distingue pas grand chose.
Et pour rester dans l'obscurité, sans aller dans des couleurs précises, les différentes phases de la journée sont illustrée par des clartés différentes en suivant un système proche des illustrations que je donne à la frise chronologique des siècles (cf. Les années).

Les jours, les semaines, les mois


Comme pour les nombres par dizaines, je vois les jours toujours assemblés dans une semaine, avec un effet de zoom de lundi à dimanche, les semaines se situant parallèlement avec un léger décalage.
Les jonctions entre les jours présentent un dégradé vers le noir : les nuits... L'intérieur des journées est divisé en trois : matin / après-midi / soirée, et avec moins de force par les heures (non représenté sur la figure 12), suivant l'organisation de la figure 11.


Fig. 12 : une semaine.

La figure 12 est valable lorsque je pense à des jours assez proches dans le passé ou le futur, pour un rendez-vous, mon emploi du temps qu'il soit professionnel ou privé...
Quand je dois situer un moment passé ou futur plus loin (en général au delà de quatre semaines), c'est une autre vue que j'utilise, beaucoup moins précise, qui permet simplement de replacer le moment dans son contexte temporel.

Cette vue (fig. 13) représente l'organisation des mois sur l'année. Je me déplace sur cette carte mentale en gardant toujours la même orientation, mais en pouvant « zoomer » dessus jusqu'à avoir un mois seulement devant les yeux et en sentant seulement la présence du mois précédant et du mois suivant.


Fig. 13 : les mois de l'année.

Ma perception reste fortement collée à l'organisation de l'année scolaire. J'ai dû construire quand j'étais écolier.
Chaque mois est sous forme de bloc, le premier jour en haut et le dernier en bas, sauf pour le mois d'août qui est à l'envers et fait la jonction entre juillet et septembre.
Ces blocs forment un léger arc de cercle mais gardent toujours la même perspective. Leur taille n'est pas unique. Octobre, novembre, mars sont plus fins, comme juin, mais qui est beaucoup plus long. Février est petit et trapu. Juillet est un pavé plus important, comme août dont je parlerai plus bas.

La jonction entre les mois n'est pas toujours stable. Par exemple, la fin du mois de décembre, est particulière : les vacances de fin d'année viennent bouleverser ma représentation.
Les deux semaines de vacances scolaires sont en deux blocs collés à décembre, mais sur le côté. Ils débutent par le premier jour de congés, quel que soit ce jour dans la semaine et prennent chaque à leur milieu le 25 décembre et le 1er janvier, quel que soit le nombre de jours avant ou après ces dates. De même le bloc du mois de janvier ne débute pas au 1er janvier, mais à la reprise du travail.


Fig. 14 : jonction décembre - janvier.

L'autre point inhabituel est le mois d'août dans son ensemble. Le bloc « août » n'est pas rectangulaire, mais en arc-de-cercle irrégulier, assez large et dont la seconde quinzaine est beaucoup plus grosse que la première. Le 1er août est au niveau du 31 juillet, et le 31 août au niveau du 1er septembre.

Sur ces derniers points, je vois conseille de consulter aussi le témoignage de Myr sur le site Synestésie.info.


Autres relations :


Lorsque les chiffres sont utilisés sans valeur quantitative ni ordinale, un numéro de téléphone par exemple, je ne visualise pas d'organisation spéciale... simplement des données textuelles.

Pour quitter un peu les chiffres, je peux dire aussi que les lettres de l'alphabet sont elles-aussi ordonnées du "A" au "Z", en ligne droite. Je me déplace dans un univers en 3D mais toujours en restant juste en face ou légèrement en hauteur. Certaines lettres sont plus ou moins facilement visibles, j'ai des zones floues entre "G" et "L", entre "V" et "Z". Lorsque je mets le focus sur une lettre, je vois les lettres alentours mais plus petites et moins fortes.

 

DISCUSSION

 

Une perception du monde


Quelle que ce soit la forme, c'est un phénomène totalement irréfléchi, incontrôlé et constant, comme je vous le disais plus haut. Il fait partie de la vie du synesthète. Sur un forum, Galimatia raconte l'anecdote de l'explication à sa mère de ce qu'elle voyait (synesthésie graphème-couleur) :

Elle a écouté, elle a compris en partie je crois et elle a terminé en me disant:
− Ça doit être beau et riche la manière dont tu perçois les choses.
Je ne crois pas qu'elle ait compris par contre, que pour moi ce n'est pas plus ou moins beau que pour les autres...c'est comme ça, point! Je ne peux pas imaginer les choses autrement, ça fait partie intégrante de la manière dont je conçois les choses et la vie.
[source]


J'imagine que certains non-synesthètes puissent nourrir une certaine envie d'expérimenter ces façons de ressentir pour plusieurs sens à la fois... Il vrai que, moi-même aimant jouer avec les sons que je joue et les couleurs que je photographie, j'aimerai vraiment pouvoir expérimenter la synesthésie de Galimatia ! Mais ce n'est pas une caractéristique qui s'acquiert ou se travaille... Au pire, il est toujours possible d'atteindre ces vecteurs sensitifs en consommant certaines substances psychédéliques... mais bon...

Le problème est souvent dans la mécompréhension du phénomène, et la difficulté de l'exprimer et donc de l'expliquer, comme le rapporte Laura sur Facebook  :

J'ai toujours pensé que tout le monde voyait comme ça dans... sa tête, mais apparemment pas ! C'est quelque chose que les gens de ma famille ne comprennent pas, parce qu'ils ne peuvent pas imaginer ce que je vois et perçois.
[source]

 

 

Handicap ou don ?


Ll'on ne « souffre » pas de la synesthésie.
Pourtant certains cas peuvent être très génant comme par exemple une association lexicogustative quand le goût ressenti est nauséabond... D'autres synesthésies peuvent brouiller de façon importante la cognition de l'individu et être liés à de vrais handicaps comme la dysgraphie, dyscalculie, dysorthographie... Mais certaines formes permettent des capacités mentales exceptionnelles au niveau de la mémoire ou du traitement de l'information :

« L’un des plus fameux synesthètes, un russe prénommé Veniamin, possédait une mémoire sans limites : apprendre des séries de 70 chiffres sans queue ni tête et les réciter sans erreur quinze ans plus tard ne lui faisait pas peur ! Son secret ? Entre autres, la fabuleuse correspondance entre ses sens. Pour Veniamin, le chiffre 1 était « pointu, fini, dur » ; 2 « plat, rectangulaire, blanchâtre, parfois grisâtre » ; 5 « parfait, en forme de cône, de tour » ; 8 « inoffensif, d’un bleu laiteux », etc. Un son n’était jamais seulement un son mais toujours, à la fois, une couleur, un goût et une sensation tactile. »
[Science et Vie Junior HS n°62, octobre 2005]



Je ne sais absolument pas si ma synesthésie m'aide ou pas dans mon rapport aux nombres. Une certitude toutefois : je n'ai pas une mémoire des nombres extraordinaire, ni aucune faculté particulière à la mémorisation... J'ai, comme bien d'autres personnes, une mémoire très visuelle : j'étais un étudiant, sinon travailleur, au moins sérieux en cours. La seule écoute attentive et le recopiage de mes cours au propre m'a souvent suffit à faire mon chemin tranquillement à l'université. J'imprime mentalement les tableaux noirs que blanchissaient mes profs, ou les pages de cours que j'écrivais. Au moment d'utiliser ces connaissances, je « ressortais » ces images pour y trouver les informations que je cherchais.

Mais est-ce que je calcule pour autant comme tout le monde ?
Je ne sais pas, mais je peux essayer d'exposer comment je « vois » mes actions de calcul mental, sans aucune assurance que cela ait un rapport à la synesthésie numérique.


 

Mon rapport au calcul


Je suis certain que tout mon système repose sur les additions... Si j'ai jamais su l'ensemble de mes tables de multiplications, il est maintenant avéré que j'ai de grosses zones d'ombre dans le tableau de ces tables : qu'on me demande 6*7, 8*6... ou plus largement toutes les multiplications dont le résultat est au-delà de 40, et j'abandonne le seul appel à la mémoire.

Je décompose la plupart de mes multiplications en deux ou trois additions de « petites » multiplications que je maîtrise mieux.
Pour 6*7, je fais 2*(3*7) = 2*21 = 42. Et de même pour la plupart des multiplications. Certainement moins rapide que de savoir que 6*7=42 directement, mais beaucoup plus rapide, pour moi, que de rechercher 6*7 en un seul coup !

Et lorsque j'additionne, je passe toujours par ma carte mentale des nombres.
Pour calculer 17+7 par exemple, je passe par une étape,au changements de bloc de dizaine : 17+3 jusqu'à 20, puis 20+4 pour arriver au résultat visé... 17+7=24.
Pour calculer 26+5, je sais pertinemment que le résultat est 31, mais je ne peux m'empêcher de « voir » la zone couverte par 5 unités à la suite de 26, appuyée en bascule sur le 30 : 4 d'un côté, 1 de l'autre... ça fait donc 30+1 = 31...

Le fait de diviser les nombres ainsi, qu'ils soient petits ou grands me permet de calculer simplement des additions de nombres importants. L'exemple qui me vient à l'esprit est le calcul des points au UNO... Mes partenaires de jeux me reconnaîtront bien là !


MOT DE FIN


Voilà ce que j'avais envie d'exposer depuis quelques temps... sans doute plus pour moi je pense que pour le commun des mortels. Cette façon de « voir » les nombres m'intrigue et le fait d'en faire un exposé que je pense assez exhaustif m'a permis d'essayer de rationaliser mes impressions.

Si ce sujet vous a intéressé, intrigué, ou révélé que vous aussi vous ressentiez ces liens sensitifs, j'en serai ravi. N'hésitez pas à faire part de vos réactions par un commentaire sous cet article.


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Commentaires  

 
0 #1 01-03-2010 22:17
Cet article est extrémement intéressant et très bien fait.
Je souhaiterais, si possible, en parler avec toi, notemment par rapport à mon travail.
J'ai hate de lire un prochain article!
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0 #2 09-03-2010 16:41
Ce sujet est bien passionnant et c'est une découverte pour moi. J'ai pris connaissance des témoignages sur le facebook consacré à la synesthésie et cela me semble merveilleux d'être synesthète !
Aujourd'hui je m'interroge au sujet de mon artiste de fils ainé... Tout petit, lorsqu'il écoutait de la musique (classique particulièremen t) il me décrivait parallèlement des paysages en couleurs. Par exemple il me disait "C'est beau cette musique, ça me fait penser à un coucher de soleil, quand le ciel est rose et orange...". Je pense que de là est née sa passion pour le dessin et la peinture. Je le trouvais plein de poésie et cela me touchait beaucoup cette sensibilité et perception d'un tout petit enfant qui venait d'apprendre tout juste la parole mais avait déjà tous ses sens parfaitement développés et en plein éveil. Cela aurait-il un rapport avec le fait d'être synesthète ?
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0 #3 Garr / Guito 09-03-2010 16:52
Je ne sais pas, il existe de test pour définir si la perception "inhabituelle" peut être qualifiée de synesthètique. En fait, quelques critères sont listés : il faut par exemple que la perception soit rigoureusement stable (toujours la même perception pour un stimulus donné).

L'audition coloré appelle des perceptions de couleurs abstraites. Les gens ne "voient" pas un paysage, mais ont des sensations de couleur. Je pense que ton fils a plutôt, comme beaucoup de personnes à l'esprit poétique, tendance à mettre en scène la musique entendue, à imaginer un cadre visuel dans laquelle elle s'insèrerait.
S'il est synesthète, alors il devrait ressentir des couleurs, des tâches abstraites, des aplats, mais pas un paysage structuré. Mais bon, c'est ce que j'ai lu. Je ne suis pas spécialiste... Demande lui !
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0 #4 12-03-2010 09:51
2h du mat ! Je viens de terminer la lecture de ton article "Je suis synesthète." Dis donc, quelle découverte pour moi ! Première fois que j'entends parler de cela. J'avoue que tes représentations graphiques m'ont bien aidée à la compréhension. Par contre j'étais perdue concernant l'heure... Cela parait très complexe pour une "non initiée". Mais comme tu en témoignes, pour une personne qui a toujours fonctionné ainsi c'est naturel... Dans tous les cas merci pour cet éclairage. C'est pour moi tout un monde un peu étrange parce qu'inaccessible à ma perception des choses... mais j'ai lu avec passion.
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0 #5 12-03-2010 09:52
De mon côté, aujourd'hui, je m'intéresse aux neurones miroirs et circuit des cellules miroirs qui sont à l'origine de l'empathie. Cela a été comme une révélation pour moi de comprendre -comment et pourquoi- certains êtres humains ont la capacité de se mettre à la place de l'autre et de ressentir ses sentiments, ses émotions, alors que d'autres sont privés -malgré eux- de ces facultés. Tout ce qui touche à l'humain me passionne. Nous avons trop tendance à penser que nous fonctionnons tous de façon identique et cela génère beaucoup d'incompréhension entre personnes différentes...
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0 #6 22-03-2010 10:09
Ouaouh
Je n'ai pas encore tout lu
mais c'est pour moi une révélation... Parce qu'apparemment je suis synesthésique.
Les chiffres ont pour moi une image... mais je ne m'étais jamais demandé si tout le monde était comme ça... pour moi c'est tellement évident !
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0 #7 Garr / Guito 22-03-2010 10:43
Intéressant ça ! Dis-nous en un peu plus sur tes relations chiffres / images.

Eh oui, beaucoup de synesthètes s'ignorent pensant que leur caractère est banal et commum...
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0 #8 22-03-2010 17:51
Contrairement à toi je n'ai pas de visualisation de séries de chiffres parallèles.
C'est un ruban continue qui zig-zag...
Et pour les âges, les zig-zag sont exactement les mêmes, ce n'est que le point de vue qui change : je me place au niveau du chiffre qui correspond à mon age.

Pour l'argent je vois toujours le même ruban... si ce n'est que les chiffres ont changé depuis le passage à l'euro.
C'est peut être pour ça que les changements de devises ne me pose pas trop de problème : il me suffit de changer les chiffres sur mon ruban.

Je vois l'année comme un ruban fermé. Et je me place toujours au niveau du mois du jour... je pense que cette visualisation vient de l'époque où j'ai appris les mois quand j'étais très jeune avant le primaire.
Et ceci peut être bizarre... parce que je visualise aout 2009 au même endroit que Aout 2010.
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0 #9 22-03-2010 18:00
C'est peut être pour ça que j'ai beaucoup de mal à dater certains évènement personnels sans repère extérieur.. par exemple le tsunamis c'est en décembre 2004.... et je place mes évènements personnels autour de cette date.

Ma visualisation des semaines est un zoom sur le ruban de l'année.
C'est très clair pour la semaine passée et la semaine à venir... le reste est beaucoup plus flou, mais avec un petit effort je vois environ un mois passé et un mois à venir.
Les WEs et vacances sont des périodes ou le ruban enfle....je ne sais pas comment expliquer.. le ruban est plus haut, mais pas forcement plus large.
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0 #10 22-03-2010 18:04
La description des "problèmes" pour faire un calcul mental est génial. C'est exactement ce que je fais...
Il y a les résultats que je connais par coeur. et ceux que je déduit de façon un peu bizarre.
par exemple 7+7 = 14 donc 7+8 = 14 + 1
mais 8+8=16 donc 8+7 = 16 - 1
et si 7+7 = 14, alors pour 17+7 je dizaine et que le chiffre finisse par 20. Mais je fais forcement une étape à 7+7
Mais 24+8 c'est forcement 24+6=30, puis 30+2.

Mais je n'utilise pas les couleurs. sauf peut-être sur le calendrier, ou les jours non travaillés sont un peu différents.. mais ce n'est pas une couleur évidente... plus un ombré...

Voilà mes première impression.
je vais me documenter sur le sujet. honnêtement ça m'amuse beaucoup de faire cette découverte
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Essai mettant à mal la théorie de la lisibilité des mots aux lettres bouleversées.

 
 

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