Jarre 2010 (1ere partie)

Jarre 2010Me voilà donc installé ce mercredi 24 mars 2010 à la Hall Tony Garnier de Lyon, place M12, pour assister au concert Jarre 2010.

Les bons points de ma place : face à la scène, en plein milieu (donc bon équilibre de la stéréo), légèrement en hauteur (meilleure vue de la scène et de l’écran géant).
Le moins bon point : un peu loin tout de même, la prochaine fois je penserai aux petites jumelles pour mieux voir la scène.

Les gradins sont encore relativement vides, je regarde autour de moi, et là, première déception : pas d’enceintes derrière moi ! Zut, je croyais avoir lu quelque part qu’il envisageait les concerts en 5.1. Ses derniers albums le sont tous, ça aurait été un sérieux plus de reproduire en concert la spatialisation sonore. D’autant que je n’ai jamais eu l’occasion de profiter de ce 5.1 chez moi… un jour, faudra que je m’équipe d’un home cinema !
Bon, dont acte : ce sera de la simple stéréo.
Mais devant… pas de enceintes non plus ! J’ai su après que la tournée utilisait un nouveau système de sonorisation invisible (cf. cet article : on y apprend aussi que le son est diffusé en 2.1).

La salle se remplit petit à petit avec en fond sonore le morceau « En attendant Cousteau« , utilisé par le cinéaste au bonnet rouge pour ses films sous-marins. Petite musique d’ambiance, légère et oxygénée, dont le morceau de 45 minutes passe en boucle. Il était déjà utilisé à Marigny pour l’accueil des spectateurs.

Première remarque : le public est pas mal âgé. Beaucoup de tête blanches, beaucoup moins de têtes blondes. A ma droite déboule un groupe de mamies en rang deux par deux trottinantes derrière une moins vieille tenant un drapeau à bout de bras au dessus de sa tête… La sortie organisée d’une maison de retraite ?
Quelques familles aussi, tout de même, et pas mal de trentenaires arborant les T-shirts des anciens concerts. Les fans sont là. En arrivant à Lyon, j’avais justement croisé un groupe de fans attendant aux grilles derrières la Hall Tony Garnier. Etant en avance, j’attends une heure avec eux pour apercevoir 15 secondes JMJ sortant de la Hall pour rejoindre les cuisines… bon, c’est vraiment que je n’avais rien d’autre à faire… mais c’est toujours marrant de voir les fans historiques, je devine en tendant l’oreille que certains sont les webmasters des quelques sites consacrés à JMJ que j’ai parfois l’occasion de consulter !

La salle continue de se remplir… non loin de moi, quelques techniciens finalisent un marquage au sol en scotch blanc constituant un parcours sinueux de flèches allant du fond de la salle vers la scène. Un peu plus tard, le projecteur de poursuite fait un essai de placement en éclairant le haut des gradins, derrière moi… Se pourrait-il que l’entrée de JMJ se fasse par là ?

Je passe le temps en lisant et relisant la plaquette de présentation… « Aujourd’hui, Jean Michel Jarre est synonyme de mythe. Oxygène, Equinoxe, les Chants Magnétiques, mais aussi Deserted Palace ou Zoolook ont imposé une musique visionnaire. » Euh… oui, mais là ce sont des productions de la fin des années 70 et début 80… Visionnaire peut-être à une époque, mais depuis ? Ca me rappelle la vision de toutes ces personnes âgées… un artiste a-t-il encore de l’avenir quand son public et ses oeuvres vieillissent ?

La scène présente quatre blocs, comme pour Marigny (cf. l’article précédent), quoiqu’un peu plus espacé et plus fournis en instruments. La scène est bordée de une fosse à droite, une autre à gauche. Il y a du monde dedans, des techniciens, qu’il aura l’occasion de présenter au cours du spectacle comme techniciens sons et lumières. Il faut ajouter à cette équipe les cinq personnes aux pieds des gradins devant deux grosses consoles. Ca fait beaucoup de monde au son et aux lumières… ça donne une idée de ce qui nous attend ! Joachim Garraud, collaborateur occasionnel de Jarre a fait un petit reportage vidéo avant le concert de Stuttgart :

20h00. La salle est pleine, des applaudissements d’appel commencent à se faire entendre, mais ne prennent pas… et quelques secondes plus tard la salle est brutalement plongée dans le noir.
La poursuite s’allume comme prévu vers le fond de la salle et Jean-Michel Jarre apparaît en haut des gradins, de mon côté. Il descend les escaliers au milieu de la foule debout, serrant des dizaines de mains sous les applaudissements, passe à côté de moi encadré par six gorilles, traverse de la même manière le parterre et rejoint finalement la scène. Petit speech sur son plaisir d’être là à Lyon… Parler n’est pas son fort… mais ça je le savais déjà !

Le concert commence doucettement par Oxygène 1. L’arrière plan est noir, seuls des spots de lumière éclairent les machines et les musiciens… Morceau doux et planant… Une boule jaune descend du plafond et s’arrête à mi-hauteur, on dirait une Lune. Puis elle s’éclaire et un faisceau de lumière vient caresser les épaules de Jarre comme un main bienveillante. Image très poétique.


Oberhausen, Allemagne, 6 mars 2010

Toutefois, nouvelle déception côté son : il n’est pas bon. Bien sûr la Hall Tony Garnier n’est pas un auditorium mais ça sent le problème de balance. A force d’écouter en boucle CD et DVD, je me suis habitué à un son parfait ! Les techniciens sons ont-ils corrigé les réglages, ou me suis-je habitué ? Aucune idée mais ce point de critique fut rapidement oublié pour profiter pleinement du spectacle…

Le morceau s’achève et les hourras s’élèvent lorsque les premières notes du morceau suivant se font entendre… Les « toudoum toudoum toudoum » de la ligne de basse de Oxygène 2 ! En même temps le rideau noir derrière la scène s’ouvre lentement laissant voir un fond bleu clair uni : un énorme écran apparait faisant près des 2/3 de la scène. Là, on se dit « ça y est, le concert commence !« .


Bordeaux, France, 17 mars 2010

Oxygène 2 est joué dans une version proche de ce qu’on a pu entendre sur des concerts précédents, en dehors de quelques variations dans les notes piquées aigües. Impeccable.

Le fond bleu s’ouvre encore pour prendre la taille de la scène, gigantesque, et vire vers le rose pour accompagner le début du morceau suivant : Chants Magnétiques 1. Là aussi une version proche de l’album, mais rarement jouée en concert. Toujours peu d’effet visuels : des éclairs de lumières balayent les machines, ce qui donne un effet très spécial d’agitation sur scène qui contraste avec les aplat de couleurs sur l’écran rétro-éclairé.


Oberhausen, Pologne, 6 mars 2010

Fin de Chants Magnétiques. La salle retourne au noir puis un oscilloscope s’affiche sur l’écran, suivi lentement de plusieurs points blanc tandis que le morceau commence : Equinoxe 7. Petit à petit on comprend l’image projetée : une synthétiseur de la grande époque ! Ne me demandez pas si c’est la reproduction d’un modèle existant, mon fanatisme ne va pas jusque là. Les boutons et lumières s’agitent sur l’écran… puis au milieu de morceau tout à coup la perspective change, comme si on basculait vers la machine et s’en suit une course folle entre les boutons câbles et autres potentiomètres en 3D, vol digne des meilleurs cinémas dynamiques de la Géode ou du Futuroscope ! Dire que le spectacle doit être filmé en 3D à Strasbourg pour un futur DVD… ça promet !


Oberhausen, Allemagne, 6 mars 2010

Petite pause pour présenter les trois musiciens qui l’accompagnent et on est reparti sur un nouveau morceau de ses débuts : Equinoxe 5. Encore une version proche de la production de 1978. Apparaissent les premiers laser ! Quelques faisceaux vert statiques puis bleu en mouvement…


Oberhausen, Allemagne, 6 mars 2010

Nouveau noir… puis on voit Jarre chausser des lunettes noirs et enfiler des gants… c’est le moment de la harpe laser ! Les faisceaux verts sortent du sol et c’est parti pour Rendez-vous 3, dans une version laissant place à pas mal d’improvisation plus ou mois heureuses…


Katowice, Pologne, 1er mars 2010

Petite pause pendant laquelle Jean-Michel Jarre présente les trois musiciens qui l’accompagne : Dominique Perrier, Claude Samard, Francis Rimbert. Puis le concert repart sur Chants Magnétique 2 : rien d’exceptionnel, musicalement proche de la version album, visuellement léger avec un ballet de spots rouge devant l’écran dont je n’ai pas bien compris l’intérêt…


Bruxelles, Belgique, 27 mai 2009

Morceau suivant : Souvenir de Chine, avec ses célèbres sons de déclenchement d’appareil photo. C’est l’un des morceaux que j’aime le moins des compositions de Jarre… et même pas un visuel innovant pour rattraper le coup… Cocasse aussi d’observer les déhanchement de Jarre sur une musique très calme…


Katowice, Pologne, 1er mars 2010

On enchaîne ensuite sur un superbe Oxygène 5, joué par Jean-Michel Jarre sur le Moog Liberation, instrument à mi-chemin entre la guitare et le clavier. Vraiment un bon morceau. Visuellement, les lasers se font plus recherchés, et sur l’écran est projeté l’image de Jarre en train de jouer. Impec.


Paris Bercy, France, 25 mars 2010

Oxygène 5 enchaîne directement sur Variation 3, morceau issu de l’album Aéro (son premier accompagné d’un DVD musical en 5.1). Ce morceau n’a en soit pas grand chose d’exceptionnel… il s’agit principalement de bruitages sur une ligne base aigüe rythmée. L’intérêt de ce morceau passe par la vue subjective que l’on peut admirer sur le grand écran : Jarre porte une caméra à sa tête qui transmet toutes ses manipulations sur les machines en direct. Géant ! Un peu long, mais géant.


Paris Bercy, France, 25 mars 2010

Après la harpe laser, voici un autre instrument étrange que Jarre utilise dans quasiment tous les concerts : le theremin, dans une composition appelée Theremin Piece. Un son toujours impressionnant…


Oberhausen, Allemagne, 6 mars 2010

A suivre…

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