La One-Eleven, course de roller dans les Alpes suisses

La One-Eleven est une course en roller se déroulant dans les Alpes suisses, au départ de St Gallen. Outre le magnifique cadre, l’intérêt de cette course est de proposer un circuit de 111 km, en une seule boucle ! 111 kilomètres de dépassement de soi pour une course unique et magnifique. Voici le récit de cette expérience.

SAMEDI 18, en route pour la Suisse

10h00 :

Six patineurs du Reims Roller Champagne Club se retrouvent à l’Agora, à Reims, pour s’embarquer dans la folle aventure de l’été 2007 : participer à la 10e édition de la One Eleven, célèbre course de 111 km (comme son nom l’indique), attirant à chaque fois des centaines de patineurs venus de toute l’Europe.
Malgré les sept heures de route nécessaires pour rejoindre Saint Gallen, en Suisse Orientale, le voyage passe vite : tous ensemble dans le minibus, Guillaume au volant, l’ambiance est détendue et conviviale.
Nancy… Colmar… passage de la frontière… Freiburg-en-Brisgau… Le paysage allemand est plus plat que celui des Vosges, mais ce qui saute aux yeux, c’est surtout le nombre impressionnant de panneaux solaires disposés sur les toits et à côté des bâtiments des entreprises ! Ce n’est plus la France…La route se poursuit jusqu’à Schaffhouse et la frontière Suisse. On n’y pensait plus, mais cela existe encore dans le monde : un poste de douane ! La Suisse a pourtant ratifié les Accords de Schengen mais ils ne sont pas encore appliqués. Alors que les véhicules passaient tranquillement sous l’oeil des douaniers suisses, un petit moustachu, certainement intrigué par la taille du minibus, nous arrête pour contrôler nos identités. Il passe quelques minutes à son ordinateur, puis nous rend nos papiers et nous pouvons reprendre notre route.
Nous roulons vers Constance… puis, enfin, Saint Gallen !

18h00 :

Nous découvrons alors le Centre Athlétique de Saint Gallen, une magnifique salle d’athlétisme couverte, neuve (ouverte en février 2007), qui accueille le village roller pour le weekend.

Quelques boutiques de matériel de roller (avec des promotions fortes intéressantes… et au final un nouvel adepte des Fila M100 : Florent Namèche !), un stand massage (qui sera ouvert à l’arrivée des courses), un stand massage par magnétiseur automatique (que tout le groupe essaie sauf David, en bon scientifique cartésien !), un coin restauration et un grand écran qui passe en boucle le circuit de la One Eleven, filmé et passé en accéléré (disponible aussi sur You Tube).

Voici ce qui nous attend :

Parcours One Eleven Cliquez sur l’image pour accéder au parcours. Profil de la One Eleven

20h00 :

C’est l’heure de la Pasta Party ! Si les pâtes étaient bien présentes, on n’a pas senti la Party… Dommage.

21h30 :

Il temps de gagner le dortoir : une grande salle de sport à l’étage du Centre Athlétique. Au sol, environ 150 matelas sont rapidement investis. Les lumières sont éteintes et peu après les ronflements remplacent les chuchotements… en dehors de deux femmes hystériques dont les fous rires ne se sont tus que bien tard.

DIMANCHE 19, jour J

04h45 :

Dur dur… Le réveil est matinal, mais juste calculé pour nous permettre de nous préparer au mieux avant le départ. Nous descendons au petit déjeuner et le stress monte ! Certains n’arrivent pas à avaler quoique ce soit, d’autres ont des envies constantes d’aller aux toilettes… et ils ne sont pas les seuls puisqu’il y a alors un quart d’heure à une demie heure de queue !
Florent Namèche hésite… Chausser ou ne pas chausser ses nouveau patins à l’occasion de la course ? C’est sûr, les anciens, des patins de fitness, ne sont pas fait pour une course de longue distance, mais les nouveaux, c’est l’inconnu et d’éventuels problèmes pour s’adapter aux longues platines et aux grosses roues…

06h45 :

Tout le groupe est prêt ! Habillé, chaussé (le choix s’est finalement porté vers les Fila M100 !), casqué, et une bouteille d’eau à la main.

06h50 :

Nous nous plaçons dans le groupe pour attendre le coup d’envoi. Pas en première ligne, mais pas trop mal placé, à 6 ou 7 mètre de la ligne de départ.
Dernière photo avant les adieux et le compte à rebours est lancé. Tels des horlogers (suisses), le coup d’envoi est donné pile à l’heure.

07h00 :

C’est parti ! Mille patineurs s’élancent dans la fraicheur matinale pour cette magnifique course. Enfin, ces magnifiques courses, car autour de la 111 km, une course 70 km, une de 35 km et une autre de 20 km complètent le tableau : il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux !
Alors que nous sortons à peine de la ville arrivent les premières inquiétudes : il pleut. Le sol est humides, des gouttes tombent… Florent, David, Adeline, qui avaient l’an dernier participé à la course d’un bout à l’autre sous la pluie, craignent de voir ce scénario se répéter cette année encore…
Toutefois le soleil perce au bout d’une bonne demie heure et la route sèche petit à petit.

La One Eleven

Course roller One Eleven
Adeline ouvre le peloton, suivie de Florent, et moi-même (en gris), qui cache David (épaules vertes).

Une organisation au top !

Les 30 premiers kilomètres se font gentillement, notre groupe avance bien mais nous commençons à être à cours de vivre et le ravitaillement se fait attendre. Il arrive enfin : quartiers de pommes, demi-bananes, biscuits énergétiques, eau, boissons isotoniques… Tout y est, en quantité, donné de main à main mais aussi sur des plateaux que des patineurs de l’organisation et même des motards nous tendent en roulant à côté de nous sur quelques centaines de mètres ! Incroyable.

A chaque point ravitaillement, un stand massage est ouvert pour ceux dont les muscles ne répondent plus. Nous n’en aurons heureusement pas besoin même si l’envie a été forte, notamment en fin de course… Le choix n’est pas facile : perdre quelques minutes à se faire masser, pourquoi pas, mais est-on certain de les regagner en retrouvant son énergie ? Aucun des patineurs rémois n’ose prendre le risque.
Un public présent et magnifique

Un BIG UP à tous les villageois présents sur le parcours qui nous encourageaient des leurs « Hop hop hop hop hop !!! » Ça aide beaucoup, notamment pour les moments difficiles comme les fins de côtes. Un public très familial encourage sans se lasser les patineurs, tout le long du parcours : les enfants (pieds nus pour la plupart, curiosité locale…) courant après les bidons vide que nous jetions, tendant leur bras pour que nous leurs frappions la main, les parents ne baissant jamais leur encouragement, les grand-parents assis sur des chaises et nous regardant passer le sourie aux lèvres.

Nous traversons ainsi de nombreux petits villages. Entres eux : des prairies et des vaches, mais aussi beaucoup de verger (pommes, fraises, framboises…) qui font craquer certains patineurs. En somme un paysage très beau, vallonné et vert. Et ce qui saute aux yeux, c’est la propreté de tous les endroits traversés : les villages sont beaux, les bas côtés impeccables et les routes dans un état exceptionnel : même le réseau secondaire, voir tertiaire présente un bitume d’excellente qualité… Du « billard »… Ce n’est pas dans la Marne qu’on verrait ça ! Ceux qui ont fait la rando Châlons-Reims en juin 2007 comprendront.

Des concurrents de toutes origines

Beaucoup de germanophones (Allemand, Autrichiens, Suisses confondus), de francophones (Belges, Français, et Suisses là aussi !), quelques Anglais, Italiens, Espagnols, Néerlandais… et certainement d’autre nationalité que nous n’avons pas repérées, composent les pelotons. Même si la communication n’est pas toujours facile, une chose est pourtant claire : pas besoin de parler pour sentir le plaisir d’être ensemble, la convivialité des pelotons. Communiquant par geste pour indiquer les difficultés passagères sur la route (une bouche d’égout, un virage prononcé, quelques graviers sur les bas côtés…), ou simplement par des soupirs, sourires, rires, lorsque le parcours présente une montée, ou à l’inverse que le revêtement est particulièrement bien patinable…

Les patineurs isolés sont très rares, de nombreux pelotons plutôt grands (10 à 15 patineurs en moyenne) permettent à chacun de trouver son rythme. Il était assez impressionnant de voir un train de patineur en doubler un autre. La stratégie de course entre alors en jeu, car il faut trouver le bon groupe au bon moment pour continuer à avancer à son rythme : ne pas aller trop lentement et perdre des précieuses minutes à l’arrivée, mais ne pas s’engager dans un peloton trop rapide et se cramer pour la suite… Mais comme dans toute course de roller et surtout pour celle-ci, un impératif est à observer : ne pas patiner seul.

Là encore, la barrière de la langue est oubliée : quelques mots et tout le monde comprend quand un patineur incite le peloton à se rattacher à un train de patineurs doublant ou quelques mètres devant…

Et les patineurs du Reims Roller Vitesse dans tout ça ?

Florent Namèche : « La zone de pluie passée, je me suis vite senti en confiance dans mes nouveaux patins. Ils ont un fort potentiel que je ne peux pas encore pleinement valoriser, les mois à venir vont être intéressants mais il va falloir que je bosse dur ! Au bout d’une petite heure, j’ai trouvé un groupe à mon rythme que j’ai suivi quasiment jusqu’au bout. L’an prochain, il faudra toutefois que je gère mieux ma fin de course : autant les 100 premiers kilomètres ont été agréable, les 13 derniers furent très très dur ! »

Damien Gobillard : « Je me suis bien mis dans la course dès le départ. J’ai testé plusieurs train pour trouver enfin un bon rythme mais légèrement en dessous de mon niveau. Les 70 premiers kilomètres impeccables puis le mal de dos est apparu… et il restait encore l’équivalent d’un marathon à faire !! Au 90e kilomètre, une succession de montées-descentes assez dures plombent un peu ma moyenne. Le mental prend alors le relais : surtout « NE PAS S’ARRÊTER !! ». Je l’ai fait et j’en suis très satisfait, pour une première expérience. »

Adeline Demoulin : « Après deux semaines de vacances bien arrosées et pas très sportives, je savais bien que je n’arrivais pas vraiment préparée… J’ai suivi les garçons sur les 15 premiers kilomètres… je n’étais pas très loin derrière, dans un peloton qui les suivaient. C’est quand j’ai voulu faire l’effort de partir seule pour les rattraper que je les ai vu accélérer eux-aussi… Ca m’a un peu miné, j’ai eu du mal alors à trouver un train à mon rythme, j’ai poussé un peu trop fort et j’ai eu un gros coup de barre au 85e kilomètre : plus rien dans les jambes ! J’ai fais le plein à un ravitaillement salutaire puis l’énergie est revenue ! Dur dur les derniers kilomètres, d’autant que j’attendais l’arrivée à 111 km, guettant les derniers kilomètres sur mon GPS. Finalement, le parcours faisait 113 km 400 (nous l’avons su après)… Une certitude : c’est une course accessible mais il faut un minimum d’entraînement ! »

Florent Delabie, Guillaume Andrieux, David Tha Phi Thanh : « Nous avons couru tout les trois ensemble sur la quasi-totalité du parcours. Nous étions même quatre au début, avec Adeline. C’est très confortable, car ça nous permet d’être autonome : nous pouvons créer notre propre peloton si nous ne trouvons pas un train à notre rythme. Nous nous relayons en tête avec chacun nos points forts : David nous tirait dans les montées, Guillaume nous indiquait les bonnes courbes dans les virages, Florent savait donner le rythme idéal dans les lignes droites… Même si leur corps ont été mis à rude épreuve (David a dû faire face à quelques soucis d’hydratation à partir du 60e kilomètre, occasionnant pas mal de crampes), nous avons patiné ensembles jusqu’au 90e kilomètre auquel Florent quitte le trio, obligé de ralentir à cause de grosses douleurs musculaires, un quadriceps au bord de la déchirure… Guillaume, pourtant à l’aise jusqu’au 100e accuse le coup petit à petit et a du mal à suivre David dans les derniers kilomètres, riches en montées. Les 100 km ont été atteints en 3h30 : l’objectif de finir la course en moins de 4 heures était accessible. Mais c’est sans compter les deux kilomètres supplémentaire que nous n’avions pas prévu. Le final se jouera au sprint, remporté par David, franchissant la ligne d’arrivée deux dixièmes avant Guillaume au bout de quatre heures de trois minutes de course !! »

Course roller One Eleven
Florent, deux inconnus, puis David et Guillaume

Enfin la fin de la course !

Chacun verse sa petite (voire grosse) larme une fois la ligne d’arrivée franchie. Ce fut dur, très dur. Mais on l’a fait et on peut maintenant se relâcher. Les nerfs craquent, le corps ne répond plus. Vite une douche, puis arrêt au stand massage dans le Centre d’Athlétisme. Massage très apprécié par Florent Delabie, Damien, et surtout… Adeline, à tel point que la table de massage s’est crue obligée de lui signifier la fin de séance en s’écroulant sous elle ! Plus de peur que de mal, et, après tout, on n’est plus à une mésaventure près maintenant !
Et voilà… c’est fini…

Derniers achats souvenirs aux boutiques, puis direction le minibus : nous avons encore du chemin à faire pour rentrer à Reims. Après s’être relayés sur la piste, les patineurs se relayent au volant, la fatigue est présente chez chacun… Sept heures pour que chacun puisse raconter sa course, ses impressions, ses douleurs, ses fiertés… Sept heures n’ont pas été de trop. Vous venez d’en lire le compte rendu.
Une expérience exceptionnelle, différente des 24 Heures Roller du Mans, avec un équipe vitesse qui s’est fait plaisir ce dimanche. A refaire. En étant plus nombreux encore si possible !

RESULTATS :

TA PHI THANH DAVID
Arrivé 133ème homme sur 663 avec un temps de 04:03:17
Soit 37ème sur ? dans la catégorie Hommes 40
Vitesse moyenne : 27,374

ANDRIEUX GUILLAUME
Arrivé 134ème homme sur 663 avec un temps de 04:03:17
Soit 37ème sur ? dans la catégorie Hommes 20
Vitesse moyenne : 27,374

DELABIE FLORENT
Arrivé 185ème homme sur 663 avec un temps de 04:12:21
Soit 64ème sur ? dans la catégorie Hommes 30
Vitesse moyenne : 26,390

DEMOULIN ADELINE
Arrivée 29ème femme sur 152 avec un temps de 04:32:32
Soit 10ème sur ? dans la catégorie Femmes 30
Vitesse moyenne : 25,042

GOBILLARD DAMIEN
Arrivé 324ème homme sur 663 avec un temps de 04:37:33
Soit 107ème sur ? dans la catégorie Hommes 30
Vitesse moyenne : 23,994

NAMECHE FLORENT
Arrivé 575ème homme sur 663 avec un temps de 05:49:02
Soit 170ème sur ? dans la catégorie Hommes 30
Vitesse moyenne : 19,080

QUELQUES CHIFFRES :

Outre les 113 km 400 parcourus avec une moyenne d’environ 28km/h, le GPS embarqué de David nous informe que avons fait une pointe de vitesse à 56 km/h, que nous avons brulé 3288 calories, que nous avons cumulé 1499 mètres de dénivelé positif !

LIENS :

Le site de l’événement : http://www.one-eleven.ch/

Galeries de photos :
http://www.t-n-s.de/media/foto2007/inline-one-eleven/index.html

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