L’Illusionniste : la désillusion ?

SondageUn film hommage, soit. On y retrouve la pate Tati (une partie du moins) : un comique de situation, un burlesque admirablement bien rendu par le dessin de Sylvain Chomet. Cette animation qui m’avait tant plu dans « Les Triplettes de Belleville », je l’ai retrouvée ici : le cadre, l’atmosphère, une maîtrise du trait extraordinaire, et surtout cette manière de mettre la 3D au service du dessin en deux dimension, c’est vraiment le meilleur hommage qu’il soit pour le cinéma d’animation « traditionnel ».

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Jacques Tati … et Tatischeff, le héros.

Toutefois du Tati par Chomet n’est pas du Tati par Tati. Il manque le regard critique et amusé porté sur le monde moderne, et il manque aussi et surtout la poésie.
Autant les film « Les triplettes de Belleville » m’avait touché par ses interludes musicaux extravagants, ponctuant bien à propos une intrigue rythmée. Mais là, en regardant « L’illusionniste », j’ai attendu tout le long du film — et les occasions furent nombreuses — l’envolée poétique qui aurait donné une tout autre profondeur à cette œuvre ; j’y ai plusieurs fois cru… J’ai été plusieurs fois frustré.
Bien sûr, il y a des moments magnifiques, comme ceux de l’arrivée en Écosse (ayez l’œil vigilant, on en apprend de belles sur le port du kilt !), il y a cette envolée magnifique au dessus du lapin rendu à sa liberté qui… qui… s’arrête net d’un seul coup, sans aucune raison, sans aucune transition, qui nous laisse là, encore en plein vol, dans l’incompréhension totale. Ce plan, unique dans le film, en vraie 3D, sublimant un paysage ouvert (alors que la grande majorité de l’histoire se passe dans une ville sombre), résume bien mon impression générale. FRUSTRATION.

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Et puis il y a la seconde histoire, l’amourette. J’aurai pu dire « l’amourette de rigueur » tant on se demande se qu’elle vient faire là sinon de permettre au scénariste de pouvoir cocher la case « histoire d’amour : OUI » qui semble obligatoire dans tout film.
Elle n’apporte rien au film, et, à mon sens, pose un regard assez critiquable sur la femme. Alice suit Tatischeff (le héros) parce qu’elle croit qu’il pourra lui apporter tout ce qu’elle souhaite… matériellement. De là à mettre en avant la caricature « femme vénale », il y a peu. D’aucun pourront interpréter différemment et y voir la naïveté d’une femme-enfant qui ne connaît rien à la vie urbaine… Mais la question se pose.

Enfin voilà, je m’attendais à autre chose. Le visuel est magnifique et vaut le déplacement pour lui tout seul. Mais niveau scénario et petit plus poétique… bof bof.

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