Une histoire d’amour

Journée de la femmeHier, il avait attendu avant de pleurer
Las, dans l’entrée, la porte venait de se fermer
Sur ses espoirs et ses rêves, envolés, détruits
Comment allait-elle, demain, avancer sans lui ?

La porte vitrée laissait passer quelques lumières,
La voiture démarra, un seul feu à l’arrière
Loin, un chien se mit à aboyer, puis se tut
Et la nuit reprit son silence interrompu

C‘est en apparence une séparation banale,
Simple drame de la vie, qui ne fait plus scandale…
Mais pourtant c’est aussi l’heureuse histoire d’une fin
Qui permettra la nouvelle vie cherchée, enfin.

Hier quand, derrière elle, la porte s’était refermée,
Elle avait dû résister pour ne pas pleurer
Une petite valise à la main, sa fille dans l’autre
Pourquoi ? Pourquoi n’est-il pas resté comme les autres ?

Un chien aboie, puis la rue redevient silence
Son cœur est blessé, sa voiture une ambulance
Où aller ? Chez une amie, tout lui raconter ?
Non, pas d’amies… Elle n’a personne sur qui compter.

C‘est l’histoire de l’errance, celle de deux amoureux,
Écueil de deux vies qui sont faites de ces maux
Accepter, toujours accepter… Quand se poser ?
Ô s’arrêter, enfin, pour ne pas exploser.

Hélas, comment en étaient-ils arrivés là ?
Eux qui s’aimaient comme jamais un couple ne s’aima
Eux à l’émotion frissonnante comme un tremble
Eux qui avaient passé tellement de temps ensemble

Un couple vivant bien au calme d’un feux chaleureux
Des rêves de vie, des projets pour des jours heureux
Puis… les amis, de l’un, qui chassent les amis de l’autre
Puis… les insultes et l’alcool comme seuls apôtres

C‘est une histoire qu’on cache, qu’on tait, qu’on dit banale
C’est une histoire qu’on nie : la violence conjugale
Où le courage de dire « non » s’efface par amour
On se dit toujours que ça finira un jour…

Et en effet, ça finira…
Comment ? L’histoire ne le dit pas.


Poème écrit à l’occasion de la Journée de la femme.

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