Une mutilation sexuelle dont on ne parle pas…

CirconcisionOui, l’excision est une horreur absolue et une barbarie faite aux filles parce qu’elles doivent rester totalement soumises aux hommes et parce qu’elles n’ont pas le droit de vivre leur sexualité.

Mais, de l’autre côté, des millions de garçons subissent eux-aussi une mutilation génitale décidée par les adultes. Si elle est physiquement moins grave, j’en conviens, elle reste ce quelle est : une mutilation imposée, sans aucune autre raison que l’idéologie religieuse. Et ça, moi, je ne le supporte pas.

Aucun argument pour la circoncision ne tient : ni celui de la religion, ni celui de la santé. Cette violence faite aux garçons m’a révoltée à l’instant où, moi même enfant, j’ai appris son existence.

Et ce matin, j’ai eu le grand plaisir d’entendre ce sujet abordé par Sophia Aram d’une manière humoristique, mais ô combien sérieuse dans ses arguments.


(s’il y a un problème avec la vidéo, rendez-vous ici : http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-sophia-aram-la-circoncision)

Voici ma transcription du texte :

La semaine dernière je suis allé à la maternité rendre visite à une copine qui venait d’accoucher d’un adorable petit garçon. La jeune maman était là, sur son lit, son bébé dans les bras … quand la tante est venue interrompre ce moment de poésie en lui demande ce qu’elle comptait faire du pénis de son enfant.

Bon, mécaniquement, j’ai répondu qu’ils allaient le garder.

Quand j’ai compris qu’elle parlait du prépuce de ce bébé, né d’une mère musulman et d’un père juif (oui, ça existe) … comment vous dire … en temps normal, n’ayant ni pénis, ni la foi, je n’ai pas d’avis tranché sur la circoncision. Mais sur le coup, l’idée d’arracher ce nourrisson des bras de sa mère pour lui annoncer qu’on allait juste lui sectionner un bout du zizi … comment vous dire … ça m’a parut barbare.

Et puis franchement, si c’était pour faire plaisir à Dieu, pourquoi il lui aurait donner un prépuce si c’est pour lui retirer huit jour après la naissance ?
Bon, mais admettons que Dieu existe.  Admettons que Dieu se soit donné la peine de mettre au point un prépuce pile à la taille du gland… Un truc qui lui tient chaud en hivers, qu’il peut décalotter en été et quand il s’en servira… Avec un système rétractable qui reprend sa place… Un truc automatique, comme une décapotable ! C’est quand même bien foutu ce système !
Un système qui grandira avec lui, qui l’accompagnera toute sa vie dans les moments de gloire et dans la défaite… Bon, admettons.

Admettons qu’après tout ça, Dieu ait finalement demandé de le couper … pour le jeter à la poubelle… Est-ce que quelqu’un a pensé à lui demander pourquoi ? C’est quoi le projet ? Franchement, ça n’a pas de sens.

Même l’idée que ce soit juste une tradition, un rituel de passage pour devenir un homme, ça ne tient pas la route ! Même un enfant de deux jours s’il pouvait parler nous expliquerait que se couper un bout du zgeg pour devenir un homme, c’est une injonction paradoxale. C’est un peu comme se couper la jambe pour devenir cycliste.

Et puis surtout, est-ce qu’on ne peut pas attendre qu’il ait l’âge de donner son avis ? Bon, c’est là qu’elle m’a répondu que ce qu’on gagnerait en consentement, on le perdrait en douleur… C’est marrant, il n’y a que dans le cas de la circoncision que l’on se dit que l’enfant souffrirait moins qu’un adulte. Parce que franchement, si l’enfant ne souffrait pas, on en profiterait pour leur faire l’appendicite, les amygdales … et la prostate … le tout sans anesthésie ! Et jusque là, ça n’est venu à l’idée de personne.

Bon alors reste la question de l’hygiène. L’absence de prépuce favoriserait l’hygiène. C’est vrai.
Mais 1, ça ne dispense pas non plus de se laver. Et 2, si on se met à couper tout ce qui peut sentir mauvais, je propose de commencer par l’ablation des orteils et l’épilation du sillon inter-fessier. Parce que franchement, niveau hygiène, c’est largement aussi problématique qu’un prépuce.

Et c’est là que la tante a jouté cet argument définitif qu’elle trouvait ça plus joli, sans prépuce. Bon, là je dois reconnaître qu’un pénis non circoncis, je trouve ça fripé, ça ressemble à un sharpei, c’est pas joli joli. Mais en même temps… les testicules non plus ! C’est pas super esthétique et jusqu’à présent personne n’a pensé à ritualiser leur ablation. Non !

Bon, après deux heures de débat, la maman s’étant endormie, la tante et moi avons fini par nous mettre d’accord : l’idée c’est de commencer par apprendre à l’enfant à se laver, puis à sa majorité, s’il le souhaite, on pourra lui laisser le loisir d’aller se faire découper le prépuce par un rabbin ou un imam de son choix, ce qui lui permettra de profiter de l’occasion pour leur demander de lui faire l’épilation du sillon inter-fessier.

Merci Sophia !

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